A/HRC/56/47
juridico-normatif, stratégique et institutionnel global sur la réinstallation planifiée qui soit
conforme aux normes internationales et régionales relatives aux droits de l’homme. Le cadre
juridique et stratégique devrait notamment : créer une base juridique en droit interne et
énoncer une politique nationale ; désigner les institutions chargées de procéder aux
réinstallations planifiées ; définir les responsabilités des autorités publiques désignées et
prévoir des mécanismes de responsabilisation. Le cadre devrait en outre prévoir des garanties
contre les déplacements arbitraires et les expulsions, ainsi que des mécanismes
culturellement adaptés pour le règlement des différends, et l’accès à des mécanismes de
plainte et de réparation devrait être garanti tout au long de la réinstallation planifiée.
Les critères selon lesquels les décisions sont prises tout au long du processus, y compris la
décision initiale de procéder à une réinstallation planifiée, devraient être définis de manière
détaillée114.
65.
Les cadres juridico-normatifs, stratégiques et institutionnels devraient comprendre
des plans détaillés du déroulement des réinstallations. Ces plans devraient reposer sur une
approche faisant intervenir l’ensemble des pouvoirs publics, dans laquelle tous les niveaux
de l’administration ont un rôle à jouer et assument leurs responsabilités, permettre
l’établissement rapide d’une collaboration entre les personnes réinstallées et les
communautés locales, et prévoir des dispositifs de communication et de coordination entre
les autorités de l’État, les éventuelles structures de gouvernance traditionnelles et les autres
acteurs concernés. Les cadres relatifs à la réinstallation planifiée devraient énoncer les
responsabilités des institutions à même d’assurer aux communautés un accès suffisant au
logement, à l’eau, à l’assainissement, aux moyens de subsistance, à l’éducation, aux services
de santé, aux infrastructures, au transport et aux moyens de communication, et prévoir des
mesures de protection des connaissances et de la culture traditionnelles (organisation de de
visites sur les sites et lieux d’inhumation ancestraux, par exemple). Il convient également de
prévoir des services de santé mentale et de soutien psychosocial accessibles aussi bien aux
personnes réinstallées qu’aux communautés locales.
66.
L’aménagement des lois et des politiques devrait passer par une révision du régime
d’occupation des terres, avec pour objectif l’élimination des obstacles auxquels se heurtent
les communautés qui se réinstallent au-delà des limites de leurs terres ancestrales. Garantir
la sécurité d’occupation des terres et d’accès aux ressources durables permet de réduire
l’insécurité et de prévenir les différends fonciers.
67.
Le cadre institutionnel devrait prévoir des mécanismes de financement pérennes
(création de fonds d’affectation spéciale, mobilisation de ressources via les systèmes de
protection sociale, etc.), qui permettent de débloquer rapidement des fonds suffisants pour
couvrir le coût des réinstallations et verser des indemnisations équitables pour la perte de
terres et d’autres ressources 115 . Les données relatives aux réinstallations passées et les
enseignements qui en ont été tirés devraient être rassemblés dans des systèmes de gestion des
connaissances afin que les politiques s’en inspirent.
68.
Les réinstallations planifiées devraient être régies par des directives opérationnelles116,
qui garantissent un processus consultatif, fondé sur des éléments factuels et déterminé par la
demande, afin que les communautés, établissements et groupes en situation vulnérable soient
réinstallés en toute sécurité, de façon ordonnée et juste 117. Ces directives devraient préciser
les responsabilités institutionnelles et les procédures à suivre, notamment en ce qui concerne
la consultation des communautés, la prise de décisions, le règlement des différends, la
formation et le renforcement des capacités, afin que toutes les parties qui interviennent dans
la réinstallation planifiée disposent d’orientations complètes et que les autorités nationales et
locales, les acteurs humanitaires et les acteurs du développement puissent se coordonner.
Elles devraient aussi prévoir des mécanismes de réparation et donner une description détaillée
de la procédure à suivre pour trouver des solutions aux problèmes soulevés tout au long du
processus de réinstallation. Il devrait également y avoir un système de recueil des
114
115
116
117
18
Ibid., p. 15.
Ibid.
Voir Protection Cluster Mozambique, « Standard operating procedures: go-and-see visits in the
context of IDP relocations », août 2022.
Contribution de Yee, Piggott-McKellar et McMichael.
GE.24-11873