A/RES/79/159
Droits des peuples autochtones
41. Invite les États Membres à envisager de mettre en place des mécanismes
nationaux dotés d’un financement suffisant en vue de mettre en œuvre la Décennie
internationale des langues autochtones, en partenariat avec les peuples autochtones,
et à soutenir les peuples autochtones, en tant que gardiens de leurs langues, dans la
conception et la mise en œuvre des mesures nécessaires à la célébration de la
Décennie internationale, l’objectif étant de préserver, de revitaliser et de promouvoir
les langues autochtones ;
42. Considère que le multilinguisme est pour l’Organisation des Nations Unies
un moyen de promouvoir, de protéger et de préserver la diversité des langues et des
cultures du monde, réaffirme que la diversité linguistique est un élément important
de la diversité culturelle et engage les États Membres à adopter des politiques
publiques en suivant une approche interculturelle dans leur conception et leur mise
en œuvre, afin de préserver, de revitaliser et de promouvoir les langues autochtones,
de faire en sorte qu’il soit possible d’inclure des programmes pédagogiques favorisant
l’utilisation de langues autochtones parmi les enfants et les jeunes en suivant une
stratégie intergénérationnelle qui associe les anciens des communautés autochtones,
et de promouvoir les langues autochtones et de favoriser leur utilisation au niveau
international ;
43. Rappelle le droit des peuples autochtones d’établir leurs propres médias
dans leur propre langue et d’accéder à toutes les formes de médias non autochtones
sans discrimination aucune, et demande aux États de promouvoir et d’examiner les
politiques, pratiques et programmes de financement nationaux relatifs aux médias
autochtones, y compris en ce qui concerne le renforcement des capacités et la
production de contenus dans les langues autochtones par des producteurs de contenus
et des professionnels des médias autochtones, en particulier des femmes autochtones,
et de promouvoir la coopération internationale, la mise en commun des connaissances
et la collaboration entre les médias autochtones et d’autres partenaires, notamment
les médias traditionnels et les gouvernements ;
44. Encourage les gouvernements à redoubler d’efforts, tant sur le plan
législatif que dans la pratique, pour éliminer le travail des enfants, de manière à faire
respecter les droits humains des enfants autochtones, notamment en s’appuyant au
besoin sur la coopération internationale ;
45. Encourage également les gouvernements à promouvoir des initiatives
visant à éliminer la faim et la malnutrition sous toutes ses formes chez les enfants
autochtones et à assurer leur sécurité alimentaire ainsi qu’une meilleure nutrition, en
particulier dans les zones rurales et reculées, en leur donnant accès à l’alimentation
et aux services d’approvisionnement en eau, d’assainissement, d’éducation,
notamment d’éducation interculturelle et multilingue, dont ils ont besoin ainsi qu’un
accès universel et équitable à des services de santé de qualité, et à mettre en œuvre
des mesures d’élimination de la pauvreté et à bâtir des systèmes alimentaires
durables ;
46. Exhorte les gouvernements à veiller à ce que les peuples autochtones ne
soient pas enlevés de force à leurs terres ou territoires et à ce qu’aucune réinstallation
n’ait lieu sans le consentement préalable – donné librement et en connaissance de
cause – des peuples autochtones concernés et un accord sur une indemnisation juste
et équitable et, lorsque cela est possible, la faculté de retour, et à prendre des mesures
efficaces pour que tous les peuples autochtones, quel que soit leur statut d’occupation,
aient accès aux services essentiels, y compris l’accès, dans des conditions de sécurité
et à un coût abordable, à l’eau, à l’assainissement, à l’énergie et aux services de santé ;
47. Encourage les sociétés transnationales et autres entreprises à respecter les
droits humains, y compris les droits des enfants autochtones, et à bannir de leurs
activités le travail forcé et le travail des enfants ;
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