A/HRC/38/46
l’exclusion de la prise de décisions, l’exposition à la violence et les difficultés d’accès à la
justice. À titre d’illustration, le Groupe de travail présentera une étude de cas montrant
comment l’incapacité des États à protéger les droits fondamentaux des femmes les plus
marginalisées finit par priver celles-ci de leur liberté en les conduisant à la détention, à
l’emprisonnement et à d’autres formes d’isolement dans la sphère privée et sociale.
2.
Protection et réalisation des droits des femmes dans un monde du travail
en pleine évolution
77.
Le Groupe de travail examinera les droits des femmes dans le monde du travail dans
le contexte actuel d’évolution rapide de la nature du travail, qui se caractérise notamment
par le travail informel, l’automatisation croissante, les plates-formes numériques,
l’économie dite « à la tâche » et l’insécurité de l’emploi. Bien que le nombre de femmes
exerçant une activité rémunérée ait augmenté dans le monde ces dernières années, ce
progrès ne s’est pas accompagné d’une amélioration de la paie, des conditions d’emploi et
de la sécurité au travail. Dans les pays en développement, beaucoup de femmes occupent
des emplois informels et précaires et la question du travail domestique non payé reste un
problème important à l’échelle mondiale. La discrimination systémique continue de porter
atteinte au droit des femmes au travail, partout dans le monde, en empêchant les femmes
d’avoir accès à un travail décent et à des conditions de travail décentes. À cela s’ajoute la
reconnaissance croissante du harcèlement sexuel sur le lieu de travail. L’évolution rapide de
la nature du travail est source à la fois de possibilités et de risques pour les droits
économiques des femmes.
3.
Faire en sorte que la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation
soient une priorité dans les situations de crise et d’insécurité
78.
Le Groupe de travail étudiera les moyens à mettre en œuvre pour mieux protéger la
santé et les droits des femmes en matière de sexualité et de procréation en temps de crise.
Il apparaît de plus en plus clairement qu’en période de crise et d’insécurité − que celle-ci
résulte d’une catastrophe naturelle, d’un conflit ou d’autres situations d’urgence − la santé
et les droits des femmes et des filles en matière de sexualité et de procréation sont
particulièrement menacés et négligés, ce qui entraîne un risque accru de grossesses non
désirées et de décès en couches. Dans ces situations, les mariages d’enfants, les mariages
précoces et les mariages forcés ont tendance à augmenter, et les femmes sont davantage
exposées à la violence sexuelle et à d’autres formes de violence et d’exploitation.
Le Groupe de travail examinera les facteurs qui menacent la santé sexuelle et procréative
des femmes pendant les conflits et les situations d’urgence et s’efforcera de définir les
normes et les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour protéger la santé et des droits des
femmes et des filles en matière de sexualité et de procréation dans un monde sujet aux
crises.
4.
Réalisation des droits des filles et des adolescentes
79.
Le Groupe de travail se penchera sur la situation des fillettes, question qui n’a pas
encore reçu toute l’attention qu’elle mérite. Les fillettes et les adolescentes se heurtent à des
difficultés particulières du fait de formes multiples et croisées de discrimination, qui sont
souvent méconnues. Les familles et les communautés perpétuent des stéréotypes sexistes
qui déprécient les filles et les privent de moyens et de possibilités. Par exemple, il arrive
que les familles n’investissent pas dans l’éducation des filles comme elle le font pour les
garçons, et les filles sont souvent contraintes à des mariages précoces. Les mariages
précoces et l’instrumentalisation du corps des filles entraînent souvent des grossesses
d’adolescentes qui ont des conséquences irrémédiables sur la santé et l’avenir de ces filles.
Le rapport sera également l’occasion d’examiner les lacunes dans les politiques et les
stratégies mises en œuvre aux niveaux national et international pour s’attaquer aux
obstacles spécifiques auxquels se heurtent les fillettes et les adolescentes. Il est essentiel de
mettre en évidence les violations des droits fondamentaux des filles pour comprendre le
cycle de l’inégalité dont font l’objet les femmes, dont l’autonomisation est pourtant une
condition sine qua non pour parvenir à des sociétés justes et à l’égalité des sexes.
Le Groupe de travail recensera les violences et les risques auxquels sont exposées les filles
GE.18-07710
19
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents