A/HRC/38/46 vue d’accroître le nombre de femmes aux postes de direction dans les domaines économique et financier, en imposant des quotas par sexe dans les conseils d’administration. Certains pays en crise ont mis en œuvre des solutions autres que les mesures d’austérité afin de préserver l’intégration économique des femmes (voir A/HRC/26/39). 21. Le droit des femmes et des filles à l’égalité dans la famille a été consacré par le droit international des droits de l’homme et il est garanti dans la plupart des régimes juridiques modernes, qui ont modifié le droit de la famille afin d’y intégrer l’égalité des sexes. Dans certains pays, des progrès ont été accomplis dans la lutte contre les stéréotypes sexistes et contre les inégalités dans la répartition des tâches et des responsabilités entre hommes et femmes au sein de la famille. Beaucoup de pays ont élaboré des lois érigeant en infraction la violence familiale et garantissant la protection des victimes (voir A/HRC/29/40). 22. Des organisations de la société civile et des organismes internationaux se sont employés à lutter contre les stéréotypes négatifs concernant le corps des femmes et cet objectif a été intégré dans la politique nationale de nombreux États (voir A/HRC/32/44). Les normes internationales tiennent de plus en plus compte des droits des femmes en matière de sexualité et de procréation. La mortalité maternelle a été pratiquement réduite de moitié ces vingt dernières années7. 23. Un corpus impressionnant de normes régionales et internationales relatives aux droits de l’homme, élaboré ces dernières décennies, accorde une place centrale au respect et à la protection du droit des femmes à l’égalité et en fait une priorité. Le nombre de constitutions nationales garantissant l’égalité des sexes et de lois interdisant la discrimination et la violence sexistes a considérablement augmenté. En 1995, les participants à la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes ont consolidé les progrès accomplis et les résultats obtenus de haute lutte, en convenant d’un plan global pour la promotion du droit des femmes à l’égalité : la Déclaration et le Programme d’action de Beijing. En 2010, le Conseil des droits de l’homme a décidé de créer le Groupe de travail chargé de la question de la discrimination à l’égard des femmes dans la législation et dans la pratique, qui fait partie de ses mécanismes indépendants d’enquête et de contrôle. Si la création du Groupe de travail est incontestablement un succès en ce que celui-ci contribue au renforcement des mécanismes de défense des droits des femmes, elle témoigne également du fait que la communauté internationale a bien conscience de la persistance de la discrimination à l’égard des femmes dans le monde entier. 24. En dépit des progrès accomplis au fil de longues années de lutte, la discrimination à l’égard des femmes et l’impunité des auteurs de violations des droits des femmes persistent tant dans la sphère privée que dans la sphère publique, en temps de conflit comme en temps de paix, et dans toutes les régions du monde. Non seulement la promotion des droits des femmes et de la pleine égalité des sexes évolue à un rythme trop lent et inégal et reste loin d’être une réalité mondiale (voir E/CN.6/2015/3), mais les résultats chèrement acquis par les femmes risquent désormais d’être réduits à néant. On assiste à un recul sans précédent dans toutes les régions du monde, en raison d’une alliance entre idéologies politiques conservatrices et fondamentalismes religieux. Cette régression, souvent imposée au nom de la culture, de la religion ou des traditions, menace les progrès accomplis de haute lutte en faveur de l’égalité des sexes. 2. Impasses, retours en arrière et revirements Famille et culture 25. Dans ses rapports, le Groupe de travail a mis en évidence la persistance à l’échelle mondiale d’une construction culturelle discriminatoire de l’identité sexuelle, souvent liée à la religion, et le fait que les États continuaient de justifier par des motifs culturels l’adoption de lois discriminatoires ou le non-respect du droit international des droits de l’homme et des normes internationales. Il a souligné en particulier que le fait de ne pas garantir le droit des femmes et des filles à l’égalité au sein de la famille compromettait 7 GE.18-07710 Voir www.unfpa.org/sites/default/files/pub-pdf/9789241507226_eng.pdf. 7

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