A/HRC/46/39
les autres activités prévues avec les parties au conflit ont été retardées, les missions de
vérification étant continuellement reprogrammées, et il a été encore plus difficile d’obtenir
des informations sur les violations graves auprès des sources primaires. Au Soudan du Sud,
les mesures de restriction prises face à la pandémie de COVID-19 ont entravé la mise en
œuvre du plan d’action complet sur les six violations graves des droits de l’enfant, en
particulier la création de structures de surveillance essentielles à la mise en œuvre du plan et
au renforcement des capacités de protection de l’enfance. Au Soudan, les séances de
formation à la protection de l’enfance qui devaient être organisées à l’intention des forces
gouvernementales et les missions de vérification qui devaient avoir lieu dans les casernes des
Forces d’appui rapide ont été suspendues.
23. En dépit des mesures de confinement et de restriction des déplacements prises dans le
contexte de la COVID-19, les activités de surveillance et de vérification des violations graves
des droits de l’enfant se sont poursuivies, conformément aux normes de vérification du
mécanisme de surveillance et de communication de l’information. Les équipes spéciales de
surveillance et d’information et les équipes de pays ont collaboré avec des partenaires afin
d’atténuer les effets néfastes de la pandémie sur les enfants touchés par un conflit et de mieux
protéger ces derniers.
24. Alors que les garçons et les filles qui vivent dans des zones de conflit restent
vulnérables et le sont même encore plus en raison de la pandémie de COVID-19, les
cessez-le-feu, les négociations de paix et les réformes du secteur de la sécurité doivent être
vus comme autant d’occasions de renforcer les mécanismes de protection de l’enfance. Les
parties à des conflits sont invitées à répondre à l’appel en faveur d’un cessez-le-feu mondial
que le Secrétaire général a lancé le 23 mars 2020. Elles doivent en particulier respecter le
caractère civil des écoles, des infrastructures de santé et de leur personnel protégé, dont
l’importance stratégique s’accroît dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Les
établissements scolaires vides en raison des mesures de confinement ne devraient pas être
utilisés à des fins militaires. Lorsque le système éducatif est déjà fragile et que l’accès à
l’éducation est très limité, l’utilisation des écoles à des fins autres que l’enseignement a des
conséquences telles qu’elle ne saurait jamais être justifiée.
25. À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, le 19 août 2020, la
Représentante spéciale a publié une déclaration dans laquelle elle insistait sur la nécessité de
permettre au personnel humanitaire d’accéder rapidement, en toute sécurité et sans entrave
aux zones de conflit pour pouvoir assurer la protection des garçons et des filles concernés, à
plus forte raison dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Comme l’a souligné le
Secrétaire général dans son dernier rapport sur les enfants et les conflits armés, les refus
d’autoriser l’accès humanitaire ont augmenté de plus de 400 % en 2019, ce qui est fort
inquiétant. Ces refus, qui prennent notamment la forme de m enaces ou d’agressions directes
contre les travailleurs humanitaires et les acteurs de la protection de l’enfance, de restrictions
à la liberté de circulation et le vol de fournitures, perturbent de plus en plus l’acheminement
d’une aide essentielle aux enfants.
C.
Justice transitionnelle et enfants touchés par les conflits
26. Dans son rapport sur le rétablissement de l’état de droit et l’administration de la justice
pendant la période de transition dans les sociétés en proie à un conflit ou sortant d ’un conflit
(S/2004/616), le Secrétaire général définit la justice transitionnelle comme l’éventail complet
des divers processus et mécanismes mis en œuvre par une société pour tenter de faire face à
des exactions massives commises dans le passé, en vue d’établir les responsabilités, de rendre
la justice et de permettre la réconciliation. Peuvent figurer au nombre de ces processus des
mécanismes tant judiciaires que non judiciaires, avec (le cas échéant) une intervention plus
ou moins importante de la communauté internationale, des poursuites individuelles, des
réparations, la recherche de la vérité, la réforme des institutions, des contrôles et des
révocations, ou une combinaison de ces mesures.
8
GE.20-17671