A/HRC/46/39 27. Étant donné les effets négatifs considérables qu’ont les conflits armés sur les garçons et les filles et sur la satisfaction de leurs besoins particuliers, il importe de veiller à ce que les intéressés soient associés et participent à la justice transitionnelle sous tous ses aspects. Au fil des ans, les enfants ont été de plus en plus associés aux mécanismes de justice transitionnelle à des fins de responsabilisation et de réconciliation. L’inclusion des enfants dans les processus traditionnels de justice transitionnelle, tels que les mécanismes judiciaires et les commissions de la vérité ou de recherche de la vérité, est essentielle pour empêcher que la violence se perpétue génération après génération et pour prévenir de nouvelles violations. Elle donne aux enfants la possibilité de demander réparation pour les crimes dont eux et leur famille ont été victimes. La participation aux processus de justice transitionnelle n’est pas seulement un droit, elle est aussi pour les enfants un moyen d’accepter le passé et de bâtir un nouvel avenir, pour eux-mêmes et pour leur communauté. 28. Il est particulièrement important de faire participer les enfants qui ont été associés à des parties à un conflit aux mécanismes de justice transitionnelle car ils peuvent avoir été à la fois victimes, témoins et auteurs présumés de violations. À cet égard, il convient de souligner que tout enfant effectivement ou supposément associé à des parties à un conflit doit être traité avant tout comme une victime, conformément aux normes internationales en matière de justice pour mineurs. La détention d’enfants ne devrait être qu’une mesure de dernier ressort et être d’une durée aussi brève que possible et il faudrait lui préférer des solutions de substitution qui contribuent à la réadaptation des intéressés. Il est essentiel, pour favoriser la réintégration des enfants touchés par la guerre, de pouvoir s’appuyer sur des processus de justice transitionnelle et de consolidation de la paix inclusifs et adaptés à l’âge et au genre de ces enfants. 29. En 2002, l’inculpation pour violations graves des droits de l’enfant de toutes les personnes mises en accusation par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone et la participation d’enfants aux travaux de la Commission Vérité et réconciliation du pays ont marqué un tournant et placé la question de la participation des enfants au centre du discours international sur la justice et les mécanismes de recherche de la vérité. Depuis lors, des efforts considérables ont été faits pour donner des orientations et créer des perspectives communes sur la base des enseignements tirés de l’expérience de la Sierra Leone et d’autres pays et des pratiques qui ont fait leurs preuves. 30. La reconnaissance par la Cour pénale internationale, en 2012, de la culpabilité de Thomas Lubanga Dyilo et la condamnation de celui-ci à une peine de quatorze ans d’emprisonnement, confirmée en appel en 2014, ont constitué des décisions majeures en ce qui concerne l’application du principe de la responsabilité pour les violations des droits de l’enfant, tout comme la condamnation en 2019, par la même Cour, de Bosco Ntaganda à trente ans de prison, notamment pour avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans un groupe armé et les avoir fait participer activement aux hostilités. 31. Ces décisions ont été source d’espoir pour de nombreux enfants dans le monde entier. Pour qu’elles changent vraiment la donne, il faut toutefois que, au niveau national, des lois soient adoptées, des poursuites soient engagées et des systèmes soient établis et mis à profit pour faire cesser et prévenir les violations. Les activités que mènent les équipes spéciales de surveillance et d’information pour promouvoir et soutenir la justice transitionnelle au niveau des pays sont essentielles. 32. En Colombie, la Juridiction spéciale pour la paix, qui fait partie du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition, a poursuivi une procédure engagée en mars 2019 concernant l’enrôlement et l’utilisation d’enfants entre janvier 1971 et décembre 2016. En septembre 2020, plusieurs anciens dirigeants des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire ont comparu devant la Juridiction spéciale pour donner leur version des faits, et des victimes ont pris part aux séances en présentant des observations et en demandant des informations sur des points précis. Certains des anciens dirigeants ont reconnu qu’il y avait eu des enfants dans les rangs du groupe armé. Ils ont aussi reconnu que des violences sexuelles et des avortements forcés avaient été perpétrés et ont demandé pardon. D’autres ont souligné que le groupe n’avait pas pour politique d’enrôler des enfants de force et ont affirmé qu’il n’était pas possible de surveiller les agissements de chaque unité. Même si l’appel au pardon a été perçu comme un geste positif par la communauté internationale, plusieurs organisations de victimes, ainsi que le Gouvernement GE.20-17671 9

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