A/HRC/39/69
IV. Résumé des débats
Analyse thématique
21.
Le Groupe de travail a consacré sa vingt-deuxième session au thème « Cadre pour
l’élaboration d’une déclaration sur la promotion et le plein respect des droits de l’homme
des personnes d’ascendance africaine ».
22.
La première réunion-débat a porté sur les manifestations violentes de racisme, de
discrimination raciale, d’afrophobie, de xénophobie et d’intolérance qui y est associée
découlant d’idéologies extrémistes, de discours haineux et d’actes d’incitation à la haine.
Cette question a été débattue en application de la résolution 36/23 du Conseil des droits de
l’homme relative au mandat du Groupe de travail, dans laquelle le Conseil a prié
« le Groupe de travail de prêter une attention particulière dans son rapport annuel à la
montée du racisme et de la haine raciale, comme en témoigne la résurgence des idéologies
du suprémacisme blanc ainsi que des idéologies nationalistes et populistes extrémistes, et
de faire des recommandations précises à cet égard ».
23.
M. Sunga a présenté un exposé intitulé « Réflexions sur l’extrémisme de droite ».
Il a partagé les données d’expérience acquises par le Groupe de travail lors des visites de
pays, au cours desquelles le Groupe avait pu constater les effets de l’extrémisme de droite
sur les personnes d’ascendance africaine. Selon lui, le manque de compréhension et la peur
à l’égard des personnes d’ascendance africaine étaient imputables à l’évolution récentes des
courants migratoires, perçus comme pesant sur la situation économique et le système de
protection sociale au niveau national, ainsi qu’à la lutte contre le terrorisme à l’échelle
mondiale. Il a fait valoir que chaque personne apportait une contribution unique et
significative à la société et que toutes les personnes, y compris les migrants, avaient,
indépendamment de la nature de leur contribution, une valeur inestimable du simple fait
d’exister. M. Sunga a réaffirmé le rôle important revenant à l’État dans la promotion d’une
image positive des migrants auprès du public, qui passait notamment par la présentation de
chiffres et d’études faisant une place aux apports des migrants à la société. Au sujet de la
prévention de l’extrémisme violent, M. Sunga a recommandé aux États de mettre au point
des stratégies conjointes et participatives, associant notamment la société civile et les
populations locales, en vue de protéger les communautés contre le recrutement par des
extrémistes violents. En outre, il a suggéré aux États de recourir à des mesures de
renforcement de la confiance à l’échelon local, en offrant des possibilités de dialogue
appropriées et en détectant de façon précoce les motifs de mécontentement. Il a indiqué que
la Déclaration et le Programme d’action de Durban, ainsi que le programme d’activités
relatif à la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, étaient des
instruments utiles qui donneraient des orientations à cet égard.
24.
Dans son exposé, Joe Frans, ancien membre du Parlement suédois et ancien
Président du Groupe de travail, a souligné que le racisme était en recrudescence partout
dans le monde, en particulier en Europe et en Amérique du Nord, et que ce phénomène se
manifestait par des discours haineux et des violences à l’égard des personnes d’ascendance
africaine. Il a distingué trois niveaux de racisme : institutionnel, individuel et internalisé.
Il a souligné que pour élaborer des mécanismes destinés à combattre le racisme il était
important de comprendre précisément comment il se diffusait dans la société. Par exemple,
le mouvement « Black lives matter » aux États-Unis, créé en réponse aux décès de
personnes noires, ne venait pas en réaction à un phénomène nouveau. Ses causes profondes
étaient l’esclavage et le colonialisme. Un autre exemple, venant du Danemark, montrait
l’incidence des politiques sur le racisme. Selon M. Frans, le Gouvernement danois avait
récemment décidé d’autoriser la police à appliquer un régime prévoyant qu’une même
infraction serait sanctionnée différemment selon le quartier dans lequel habitait son auteur.
Même si le but de cette mesure était de combattre la criminalité, certains groupes
d’individus risquaient d’être considérés comme des délinquants en raison du lieu de leur
domicile. Cette politique avait des retombées négatives sur les personnes d’ascendance
africaine du fait qu’elles vivaient dans les quartiers visés, alors que le principal problème
était la pauvreté. Il a ajouté que de telles politiques constituaient une victoire pour les partis
d’extrême droite et les encourageaient à hausser le ton dans leur rhétorique anti-migrant et
GE.18-13434
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