A/HRC/47/38 III. Conclusions et recommandations A. Conclusions 71. Les droits des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et procréative sont systématiquement ignorés, non pas par manque de ressources ou de connaissances techniques, mais parce que la dignité, l’intégrité corporelle et l’autonomie des femmes ne suscitent que mépris généralisé. Les questions de santé sexuelle et procréatives sont intrinsèques à chaque femme et fille et sont liées à leur capacité de vivre dans la dignité et à exercer leur liberté d’action. Le fait de ne pas garantir les droits des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et procréative est discriminatoire et pose un problème majeur en soi. 72. Les crises ne peuvent pas toujours être évitées, mais les États peuvent mieux se préparer à y faire face. Ils doivent rapidement mettre en place des garanties pour remédier aux atteintes à la santé sexuelle et procréative des femmes et des filles, et en atténuer les effets : c’est leur premier devoir. Les initiatives prises à la suite d’une crise doivent tenir compte des questions de genre et nécessitent une combinaison de mesures d’urgence et de mesures à long terme, notamment en ce qui concerne la santé sexuelle et procréative. Elles doivent être élaborées et mises en œuvre avec la participation active des femmes et des filles, en tenant compte de leurs besoins médicaux urgents et de la discrimination structurelle généralisée dont elles sont victimes, tout en protégeant l’autonomie et les libertés individuelles, au moyen d’une approche concertée et intégrée159. 73. La pandémie de COVID-19 a frappé une planète qui était déjà déchirée par de nombreuses crises. Alors que le monde s’efforce de se remettre des effets combinés de multiples crises et que de nombreux États font face à la perspective de mesures d’austérité − autre crise prévisible qui touchera de manière disproportionnée les femmes et les filles pour ce qui est de leur santé sexuelle et procréative − la question de savoir comment faire en sorte que les droits des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et procréative soient pleinement reconnus et garantis doit passer au premier plan160. Les phases de gestion et de relèvement d’une crise offrent une occasion unique de réforme, de réflexion innovante et de transformation. Le statu quo, avec des millions de femmes et de filles dans le monde qui courent de graves risques pour leur santé sexuelle et procréative, est inacceptable. Les risques et les préjudices auxquels les femmes et les filles font face dans le domaine de la santé sexuelle et procréative ne doivent pas être traités comme des tragédies inévitables ou des dommages collatéraux, mais reconnus comme le résultat de l’échec des politiques et comme le signe de graves violations des droits humains. 74. Si les femmes et les filles ne sont pas en mesure d’exercer pleinement leurs droits en matière de santé sexuelle et procréative, elles ne pourront pas progresser dans d’autres domaines. Ces droits peuvent et doivent être réalisés au moyen de lois et de politiques cohérentes qui les consacrent, d’une plus grande responsabilisation et de la mise en œuvre immédiate des obligations et des engagements politiques dans le domaine des droits de l’homme, qui continuent malheureusement d’être ignorés en toute impunité. B. Recommandations 75. Cinq séries de mesures étroitement liées peuvent permettre de progresser vers la réalisation des droits des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et procréative en tout temps et, en particulier, dans les situations de crise. 159 160 GE.21-05607 Voir A/HRC/43/50 ; A/HRC/26/39 ; A/HRC/29/40 ; et A/HRC/32/44. Voir A/HRC/26/39. 21

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