A/HRC/47/38
les gouvernements sont parvenus à un consensus pour promouvoir et faire progresser les
droits procréatifs des femmes à la Conférence internationale sur la population et le
développement, et elle a pris de l’ampleur depuis que les droits sexuels ont été établis à la
quatrième Conférence mondiale sur les femmes. Le Rapporteur spécial sur la liberté de
religion ou de conviction a constaté que dans toutes les régions du monde, certains acteurs
invoquaient de plus en plus la liberté de religion ou de conviction pour plaider en faveur de
l’imposition de lois et de politiques directement ou indirectement discriminatoires à l’égard
des femmes et des filles93. Le Groupe de travail réaffirme que les arguments formulés en
termes de diversité culturelle et de liberté de religion ne sauraient être invoqués pour justifier
la discrimination à l’égard des femmes. Les pratiques discriminatoires, répressives et
violentes à l’égard des femmes doivent être éliminées, quelles que soient leurs origines,
y compris celles fondées sur certaines interprétations de la culture ou de la religion94.
48.
Ces dernières années, des gouvernements, y compris devant le Conseil des droits de
l’homme, ont pris activement part à la riposte en remettant en cause l’universalité des droits
de l’homme 95 . Cette évolution des choses est au cœur des préoccupations du Groupe de
travail, qui constate que les droits des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et
procréative dans toutes les situations, y compris en temps de crise, sont délaissés et relégués
au second plan. L’une des principales stratégies de cette opposition organisée a été de saper
la réalisation des droits des femmes en matière de santé sexuelle et procréative dans leur
ensemble en faisant de son opposition idéologique à l’avortement le fondement de son action.
Les droits des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et procréative, y compris la
possibilité d’empêcher et d’interrompre en toute sécurité une grossesse non désirée, doivent
être pleinement reconnus et soutenus à tout moment afin de prévenir toutes violations graves
de l’intégrité corporelle et de l’autonomie des femmes et des filles96. Plus récemment, des
États ont faussement prétendu que les partisans de l’égalité entre les hommes et les femmes
défendaient une « idéologie de genre » néfaste, leur objectif étant d’approfondir et
d’instrumentaliser le clivage idéologique et de saper les protections offertes par la loi97.
49.
L’adoption de la « Déclaration de consensus de Genève sur la promotion de la santé
de la femme et le renforcement de la famille » en 2020 est un autre exemple de la mobilisation
néfaste d’États qui ont des programmes conservateurs et hostiles aux droits des femmes et
cherchent à entraver l’exercice des droits fondamentaux bien établis et mondialement
reconnus des femmes et des filles98. Le Groupe de travail salue la détermination sans faille
de nombreux États qui défendent les droits des femmes et des filles en matière de santé
sexuelle et procréative au moyen de déclarations diplomatiques conjointes99.
9.
Autres problèmes en période de crise
50.
Les crises posent des problèmes supplémentaires aux systèmes de santé qui présentent
déjà des déficiences en matière de prestation de services de santé sexuelle et procréative de
base, comme, par exemple, l’effondrement ou le ralentissement du fonctionnement des
infrastructures de santé, des transports publics, de l’approvisionnement en eau, de
l’assainissement, de la gestion des déchets et d’autres déterminants de l’accès aux soins de
santé 100 . Les défaillances des systèmes de santé qui réduisent la disponibilité et l’accès
peuvent donner lieu à une perte d’intimité dans les établissements de soins et dissuader les
femmes et les filles de chercher à obtenir des soins de santé sexuelle et procréative.
51.
En raison de l’effondrement du système de santé et de la violence dont ils peuvent
faire l’objet, les agents de santé peuvent être dans l’incapacité de dispenser des soins, d’où
les problèmes de disponibilité des services. Conjuguée à des perturbations imprévues dans la
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GE.21-05607
Voir A/HRC/43/48.
Voir A/HRC/29/40.
Voir A/HRC/29/40.
Voir également Groupe de travail, « Women’s autonomy »
et « Gender equality and gender backlash ».
Voir https://geneva.usmission.gov/wp-content/uploads/sites/290/GenevaDeclaration.pdf. La nouvelle
administration des États-Unis d’Amérique a pris ses distances par rapport à cette déclaration.
Voir https://www.government.nl/documents/diplomatic-statements/2019/09/23/joint-statement-onsrhr-in-uhc.
Contributions d’Ipas Pakistan et d’ECKO Grèce.
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