A/HRC/56/51
57.
Les rapports du Groupe de travail ont également été utilisés pour éclairer l’élaboration
de stratégies, de politiques et de programmes publics nationaux. Par exemple, dans un pays,
l’analyse et les recommandations figurant dans le rapport thématique du Groupe de travail
sur les inégalités de genre et la pauvreté ont contribué au débat et à l’élaboration d’une
stratégie publique sur les soins. Dans un autre pays, les recommandations formulées dans le
rapport du Groupe de travail sur les droits humains des femmes dans un monde du travail en
mutation ont été utilisées pour élaborer une politique nationale du travail, ainsi que pour
mettre au point des mesures ciblées en faveur de l’autonomisation économique des femmes et
des filles issues de communautés marginalisées. Dans ce même pays, d’autres rapports du
Groupe de travail ont inspiré des campagnes de sensibilisation sur les « nouvelles
masculinités » et l’élaboration et la diffusion d’un programme d’éducation sexuelle complète.
58.
Enfin, un État a indiqué que certaines décisions judiciaires, dont une dépénalisant
l’avortement, avaient été inspirées par les rapports du Groupe de travail.
b)
Visites de pays
59.
Le Groupe de travail a évalué la situation des droits humains des femmes et des filles
en Pologne, en Grèce, en Roumanie, au Kirghizstan, aux Maldives, en Afghanistan, à Malte
et en Mauritanie, en collaboration avec les États concernés et d’autres parties prenantes,
en passant en revue les réalisations, les difficultés et les pistes de progrès et en formulant des
recommandations visant à progresser davantage vers l’élimination de la discrimination à
l’égard des femmes et des filles. Il a rencontré des représentants des autorités centrales et
locales et des organisations de défense des droits des femmes et des filles, ainsi que des
femmes et des filles elles-mêmes. Lors de la phase de préparation, il a échangé avec les
équipes de pays des Nations Unies, y compris celles d’ONU-Femmes, lorsqu’elle était
présente, et s’est appuyé sur les recommandations formulées par les mécanismes
internationaux et régionaux des droits de l’homme. En outre, en 2023, il a effectué sa toute
première visite conjointe, avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme
en Afghanistan.
60.
Certaines de ces visites ont contribué à faire émerger des changements importants.
Par exemple, compte tenu des préoccupations exprimées et des recommandations formulées
par le Groupe de travail, un État a modifié sa législation pour y inscrire des dispositions
spécifiant que les actes sexuels sans consentement constituent un viol. Un autre État a
commencé à élaborer un plan de mise en œuvre sur la base des recommandations du Groupe
de travail.
61.
Le Groupe de travail s’est efforcé d’assurer un suivi de ses visites de pays, dans les
limites des ressources disponibles. En 2023, il a envoyé des lettres à cet effet aux États visités,
dont il attend avec intérêt la coopération. Il remercie les six États qui ont répondu, ainsi que
les organisations de la société civile qui ont apporté leur contribution.
c)
Communications
62.
Le Groupe de travail a continué de collaborer avec d’autres titulaires de mandat en
envoyant des communications conjointes chaque fois que cela s’avérait pertinent au regard
des questions transversales en jeu. Il a maintenu sa pratique consistant à utiliser ces
communications comme outil pour entamer un dialogue avec les acteurs concernés au sujet
des approches juridiques et des pratiques discriminatoires répandues, telles que les
restrictions à la mobilité des femmes imposées au nom du système de « tutelle masculine ».
Entre le 1er avril 2018 et le 21 octobre 2023, le Groupe de travail a envoyé 498 communications,
dont 487 conjointement avec d’autres titulaires de mandat. Au total, 251 réponses quant au fond
ont été reçues.
63.
Les communications ont contribué à faire évoluer positivement la législation et les
pratiques nationales. Par exemple, un État a indiqué que les communications du Groupe de
travail avaient joué un rôle important en appelant l’attention sur certaines dispositions
législatives et pratiques qui étaient directement ou indirectement discriminatoires à l’égard
des femmes et des filles, et qu’elles avaient ainsi suscité l’adoption de mesures visant à
modifier ces dispositions et pratiques, notamment en ce qui concernait l’âge minimum légal
du mariage, au niveau national. Elles avaient également contribué à empêcher des régressions
GE.24-07559
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