A/HRC/56/51 III. Conclusions et recommandations A. Conclusions 87. Malgré quelques avancées, aucun pays n’a atteint l’égalité des sexes. L’humanité connaît actuellement une vague de réactions hostiles faisant obstacle à l’exercice par les femmes et les filles de leurs droits dans tous les domaines importants de la vie dans des conditions d’égalité. Il s’agit là d’une tendance qui s’intensifie et sape les réalisations actuelles ainsi que les perspectives de progrès, atteignant des proportions extrêmes dans certains pays, notamment en Afghanistan avec le régime d’apartheid fondé sur le genre imposé par les Taliban. Toutefois, le Groupe de travail ne saurait trop insister sur la force de transformation que représentent les millions de femmes et de filles dans le monde, ainsi que leurs mouvements et les mouvements alliés, qui s’efforcent de promouvoir les droits des femmes et des filles, de contrer les reculs et de construire des sociétés justes, inclusives, pacifiques et durables pour tous, en dépit des nombreux obstacles qui persistent, et souvent en réaction à ces obstacles. Elles sont une source d’inspiration pour tous et la principale raison d’espérer et d’être optimiste pour l’avenir. 88. Le statu quo qui prive la moitié de la population mondiale de ses droits humains et de ses libertés fondamentales est inacceptable. Les États doivent être tenus responsables lorsqu’ils ne veillent pas au respect, à la protection et à la réalisation du droit des femmes et des filles à l’égalité réelle des sexes. Ils doivent également être tenus responsables lorsqu’ils ne coopèrent pas et qu’ils ne contribuent pas à l’égalité des femmes et des filles en dehors de leurs frontières. Ils doivent garantir la reconnaissance, la réalisation et l’exercice de tous les droits humains et de toutes les libertés fondamentales dans des conditions d’égalité et œuvrer de concert à l’instauration d’une véritable égalité des sexes, conformément au droit international des droits de l’homme. Les autres acteurs, notamment ceux du secteur privé, devraient soutenir ces efforts et respecter et protéger les droits des femmes et des filles. La réalisation de l’égalité réelle des sexes ne peut plus être retardée. B. 1. Recommandations Contrer les réactions hostiles à l’égalité des sexes 89. Les mécanismes internationaux, régionaux et nationaux de défense des droits humains devraient déployer des efforts cohérents, systématiques, globaux et coordonnés pour réaffirmer l’universalité des droits des femmes et des filles, ainsi que le caractère inaliénable, indivisible, interdépendant et indissociable de tous les droits humains, en vue de contrer les dénis et les régressions en ce qui concerne les droits des femmes et des filles, ainsi que les campagnes de désinformation. 90. Les États et les organisations internationales et régionales devraient adopter une approche intégrée de la promotion de l’égalité des sexes, qui englobe l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et des filles dans la famille et dans les domaines de la culture, de l’économie et des droits en matière de santé sexuelle et procréative. 91. Les États devraient : a) Envisager d’ériger l’apartheid fondé sur le genre en crime contre l’humanité dans le projet de convention sur la prévention et la répression des crimes contre l’humanité ; b) S’appuyer sur des politiques étrangères féministes pour promouvoir l’égalité des sexes dans toutes les instances ; c) S’attaquer aux incidences particulières des activités des entreprises sur les femmes et les filles, prendre en compte les questions de genre dans toutes les mesures visant à réglementer les activités des entreprises et rechercher la coopération et le soutien des entreprises aux fins de la réalisation des droits des femmes et des filles ; GE.24-07559 21

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