A/HRC/56/51 cultures, mais à des degrés d’intensité et avec des incidences variables5. Il a réaffirmé que les États étaient tenus d’éliminer les obstacles à l’égalité réelle entre les femmes et les hommes du point de vue de tous les droits humains et de s’employer activement à garantir cette égalité, conformément au droit international des droits de l’homme6, et a fait de cet objectif une priorité. 10. Depuis sa création, en 2010, le Groupe de travail a constaté que les progrès en matière d’égalité des sexes n’étaient pas linéaires et a observé à la fois des réformes positives et des régressions7. En 2018, se fondant sur ce dont il avait pu prendre note et rendre compte au cours de ses six premières années d’activité, il a mis en garde contre la résurgence d’un discours conservateur et rétrograde dans les instances internationales et au niveau national, accompagné de tentatives de rétablir des politiques ou des lois préjudiciables aux femmes et aux filles, en particulier en ce qui concernait la vie familiale et le droit de disposer de son corps8. Six ans plus tard, c’est avec la plus grande inquiétude que le Groupe de travail constate que le rejet des droits humains des femmes et des filles s’intensifie et atteint des proportions extrêmes dans certains pays9. 11. Par « réactions hostiles à l’égalité des sexes », le Groupe de travail entend le refus, absolu ou croissant, de reconnaître les droits des femmes et des filles, de leur donner effet et de les faire respecter. Il souligne que non seulement cette tendance ébranle et sape les fondements du système des droits humains en refusant l’égalité des droits à la moitié de la population mondiale, mais elle rend impossible toute perspective de bâtir des sociétés justes, inclusives, pacifiques et durables. Il est primordial de réaffirmer l’universalité des droits des femmes et des filles, ainsi que le caractère inaliénable, indivisible, interdépendant et indissociable de tous les droits humains ; à cet égard, tous les acteurs doivent mener une action cohérente, systématique, globale et coordonnée. 2. Inverser les tendances au recul des droits humains et réaffirmer l’universalité de ces droits 12. Partout dans le monde, des mouvements rétrogrades menacent les droits humains des femmes et des filles et portent un coup aux avancées réalisées sur la voie de l’égalité des sexes. Une résistance active à la réalisation de l’égalité des sexes figure parmi les principaux facteurs qui expliquent la lenteur des progrès, voire, dans certains cas, un retour en arrière dans la réalisation des objectifs de développement durable : au niveau mondial, aucun des indicateurs relatifs à l’objectif 5 (égalité des sexes) n’a été « atteint ou presque atteint »10. 13. Dans leurs réponses au questionnaire diffusé par le Groupe de travail, un certain nombre de pays ont indiqué qu’ils avaient continué d’adopter des modifications constitutionnelles, des lois et des politiques visant à éliminer la discrimination à l’égard des femmes et des filles, notamment dans les domaines des droits en matière de santé sexuelle et procréative, de la prévention de la violence fondée sur le genre, de l’inclusion professionnelle, de l’autonomisation économique, de la participation à la vie publique et politique ainsi que de la valorisation et de la redistribution des soins et des travaux domestiques non rémunérés. Dans certains pays, le cadre institutionnel permettant de 5 6 7 8 9 10 4 A/HRC/38/46, par. 11. Pacte international relatif aux droits civils et politiques, art. 2 et 3 ; Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, art. 2 et 3 ; Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, art. 2 à 5 ; Convention relative aux droits de l’enfant, art. 2 ; Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, art. 18 (par. 3) ; Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique ; Convention américaine relative aux droits de l’homme, art. 1er ; Convention interaméricaine pour la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre la femme ; Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (Convention européenne des droits de l’homme), art. 14 ; Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. A/HRC/20/28, par. 12. Voir A/HRC/38/46. Voir, par exemple, A/HRC/53/21 ; HCDH, « Iran’s proposed hijab law could amount to “gender apartheid”: UN experts », communiqué de presse, 1er septembre 2023. ONU-Femmes et Département des affaires économiques et sociales, Progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable : Gros plan sur l’égalité des sexes 2023 (New York, 2023). GE.24-07559

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