CEDAW/C/GC/40
générale n o 23 (1997), le Comité précise que le partage à égalité du pouvoir de
décision doit permettre d’éviter les nominations à caractère purement symbolique,
soit que les femmes sont incluses mais cantonnées à des rôles moins influents, soit
qu’elles obtiennent leur position grâce à des liens avec des hommes de leur famille.
Le Comité y affirme que les États parties ont le devoir de nommer des femmes à des
postes de responsabilité de haut niveau. Le Comité observe que les femmes restent
sous-représentées aux postes de responsabilité à tous les niveaux et que, lorsqu’elles
sont incluses, elles sont souvent cantonnées à des rôles moins influents ou reléguées
à des postes de direction dans des domaines associés de manière stéréotypique à la
féminité et stéréotypés comme étant moins importants.
33.
Le Comité recommande que les États parties :
a) Revoient de fond en comble les systèmes de nomination, de promotion
et de gestion des carrières, en introduisant une exigence de parité et une rotation
des genres dans les rôles de direction ;
b) Nomment des femmes à des postes de haut niveau dans tous les
domaines de la prise de décisions, en évitant les mesures de caractère purement
symbolique pour s’assurer que les femmes ont un pouvoir plein et égal dans ces
rôles, et garantissent l’égalité des chances pour les jeunes ;
c)
Établissent des réseaux collectifs permettant aux femmes d’exercer
une influence dans tous les organes de décision, par exemple en reconnaissant et
en fournissant un financement adéquat et un soutien logistique aux groupes,
sections et comités pour l’égalité des femmes et des hommes ;
d) Mettent en place des garanties pour éviter que les stéréotypes de genre
n’entrent en jeu lors de l’attribution des rôles décisionnaires aux femmes et aux
hommes ;
e)
Prennent des mesures à plusieurs volets, y compris des réformes
juridiques, des mesures financières et des mesures incitatives pour que le secteur
privé nomme des femmes à des postes de direction, en particulier dans des rôles
non stéréotypés.
5.
L’éducation : un chemin vers l’avancement et le leadership
34. L’égalité d’accès à l’éducation à tous les niveaux et sous tous ses aspects est
consacrée à l’article 10 et précisée dans la recommandation générale n o 36 (2017) sur
le droit des filles et des femmes à l’éducation. Il s’agit d’une condition préalable
essentielle à l’accès aux systèmes de décision sur un pied d’égalité avec les hommes
et les garçons. Cependant, le Comité observe que de nombreuses femmes et filles ne
bénéficient toujours pas de l’égalité d’accès ou de participation à l’éducation, en droit
et en pratique. La violation de ce droit est encore exacerbée par la discrimination
intersectionnelle, telle que celle dont sont victimes, par exemple, les femmes et les
filles en situation de handicap. Même lorsque l’égalité d’accès est accordée, les
stéréotypes de genre sont répandus dans le système éducatif, notamment dans le
matériel d’enseignement et d’apprentissage, les pratiques en classe, la formation du
personnel enseignant et les attitudes biaisées à l’égard des filles et des femmes, dans
le milieu scolaire comme au-dehors, les orientant vers des domaines d’études
traditionnels et les poussant à adopter des comportements genrés. Cela a pour effet
non seulement de tenir les femmes à l’écart de certaines disciplines qui sont
essentielles pour façonner l’avenir, comme les nouvelles technologies, y compris
l’intelligence artificielle, mais aussi de les empêcher de s’imaginer dans un rôle de
décideuse. Tout système éducatif doit intégrer une « éducation à l’avancement », en
veillant à ce que les filles, les garçons, les femmes et les hommes reçoivent les outils
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