A/74/274 Tamir Rice, le garçon de 12 ans qui a été tué par un policier de Cleveland en 2014 alors qu’il jouait avec un faux pistolet, a été décrit par l’agent présent sur les lieux comme ayant une vingtaine d’années. Ces descriptions reflètent des stéréotypes associés aux hommes et aux enfants noirs qui ne correspondent pas à la réalité. 58. Dans leurs travaux, les psychologues Jennifer L. Eberhardt et Valerie Purdie ont montré en quoi les préjugés assimilés par les forces de l’ordre influaient sur leurs relations avec les personnes d’ascendance africaine. Lorsqu’il a été demandé à des officiers de police d’identifier les personnes qui semblaient être des criminels, ces derniers ont sélectionné davantage de visages noirs que de visages blancs. Plus le visage noir correspondait aux stéréotypes assimilés, plus les officiers avaient tendance à penser qu’il s’agissait de celui d’un criminel. Les auteurs en ont conclu que « les policiers attribuaient une signification criminelle à cette variation physique, c’est-à-dire que plus un individu correspondait à l’idée que l’on se fait de la personne noire, plus il y avait de chances qu’il soit perçu comme un criminel »38. 59. Les données recueillies par le Washington Post sur l’utilisation de la force meurtrière par la police depuis 2015 montrent que les personnes noires, bien qu ’elles ne représentent que 13 % de la population américaine, comptaient pour 26 % des personnes tuées par la police en 2015, 24 % des personnes tuées en 2016 et 23 % des personnes tuées en 2017. Ainsi, le taux de personnes noires victimes de l ’usage de la force meurtrière par la police est près de deux fois supérieur à leur taux de représentation au sein de la population générale. Au cours du premier semestre de 2018, les personnes noires représentaient 20 % des personnes tuées par la police en toutes circonstances. Les conséquences mortelles des stéréotypes négatifs sur les personnes noires peuvent être vérifiées en analysant la composition raciale de l’ensemble des personnes qui n’étaient pas armées lorsqu’elles ont été tuées par la police. 60. Il n’y a pas qu’aux États-Unis que les forces de l’ordre sont influencées par des stéréotypes négatifs. Une étude menée récemment par la Société Radio -Canada (SRC) a révélé que les hommes noirs étaient trois fois plus susceptibles d ’être tués par la police que les autres. Selon la SRC, les caucasiens représentaient près de la moitié des victimes enregistrées dans la base de données, ce qui n’était pas surprenant étant donné qu’il s’agissait du groupe racial le plus important du pays. Toutefois, si l ’on prenait en compte la composition raciale et ethnique de l ’ensemble de la population, on remarquait que deux groupes distincts étaient largement surreprésentés parmi les victimes : les personnes noires et les autochtones. 61. Au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, les données communiquées par la police métropolitaine en août 2017 ont révélé que les personnes d’ascendance africaine et les membres des minorités ethniques, en particulier les jeunes hommes originaires d’Afrique et des Caraïbes, étaient deux fois plus susceptibles de mourir des suites d’un recours à la force par des agents de police, notamment en raison de l’absence d’accès ou d’un accès insuffisant à des soins appropriés. Bien qu’ils ne représentent que 14 % de la population, les femmes et les hommes noirs, asiatiques ou appartenant à minorités ethniques représentent 25 % des détenus, tandis que plus de 40 % des jeunes en détention sont issus de ces groupes. Les décès susmentionnés renforcent le racisme structurel, l ’intervention policière excessive et la criminalisation des personnes d’ascendance africaine dans le monde. 62. Au Royaume-Uni et dans d’autres pays, il a été signalé que les stéréotypes selon lesquelles les personnes d’ascendance africaine seraient particulièrement fortes et __________________ 38 18/25 Voir Jennifer L. Eberhardt, Phillip Atiba Goff, Valerie J. Purdie et Paul G. Davies, « Seeing black: race, crime and visual processing », Journal of Personality and Social Psychology, vol. 87, n o 6, 2004. 19-13272

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