A/74/274 africaine du monde entier de se développer de façon constructive et véritable, et justifie ou neutralise souvent l’exploitation actuelle et passée de leur main d’œuvre, de leurs terres et de leurs ressources naturelles. Les disparités raciales ressortent très nettement dans de nombreux domaines ayant une incidence sur les droits de la personne, notamment l’éducation, le respect des droits de la défense, les droits de l’enfant et la santé. Les disparités raciales dont sont aujourd ’hui victimes les personnes d’ascendance africaine s’appuient généralement sur des stéréotypes raciaux persistants qui favorisent l’acceptation sociale (et parfois même l’anticipation) de ce phénomène. Préjugés et stéréotypes raciaux dans le secteur de la justice 54. Dans le système de justice pénale, les stéréotypes raciaux sont courants ; ils peuvent fausser la perception des faits et entraîner des erreurs judiciaires, des peines plus sévères, un recours excessif à la force et une nouvelle victimisation. 55. Parmi les stéréotypes les plus tenaces dont sont victimes les personnes d’ascendance africaine figure l’association de la négritude à la criminalité. Comme expliqué sur le site Web de l’Equal Justice Initiative : Les disparités raciales que l’on retrouve aujourd’hui dans notre système de justice pénale sont l’héritage des injustices raciales de notre passé. [...] L’esclavage s’est transformé en système de location des prisonniers ; les AfroAméricains étaient arrêtés pour des « crimes » comme le vagabondage et forcés de travailler dans des entreprises appartenant à des Blancs dans le Sud. Les décennies de lynchages liés à la terreur raciale qui ont suivi l ’esclavage ont greffé au récit de la hiérarchie raciale une présomption de culpabilité et de dangerosité à l’égard des personnes noires. De fait, les Blancs soutenaient qu’une violence vigilantiste était nécessaire pour protéger leurs biens, leurs familles et leur mode de vie du Sud des « criminels » noirs. Cette présomption de culpabilité et de dangerosité à l’égard des personnes d’ascendance africaine a rendu les communautés minoritaires particulièrement vulnérables à une administration inéquitable de la justice pénale 37. 56. Le passage de l’esclavage à l’apartheid a été particulièrement dévastateur pour les personnes d’ascendance africaine. Elles étaient confrontées au terrorisme racial et à des taux d’incarcération plus élevés. On les caricaturait en leur attribuant une nature sauvage, animale, destructrice et criminelle. Parmi les idées fausses et les préjugés fabriqués de toutes pièces et diffusés par divers canaux, tels que les médias, figuraient des références à la nature « sauvage » et « brute » des hommes noirs, que l’on désignait souvent par le terme à connotation négative « voyou ». 57. Les conséquences à long terme de ce phénomène se manifeste nt dans les interactions quotidiennes entre la police et les civils. Ce processus de déshumanisation conduit beaucoup de gens à considérer les hommes et les enfants noirs comme étant plus âgés et plus redoutables et menaçants qu’ils ne le sont en réalité. Même à un très jeune âge, les enfants noirs sont perçus comme moins enfantins et moins innocents. Cette perception erronée est troublante. Les policiers sont souvent disculpés d’avoir tué des civils noirs en plaidant la légitime défense. C’est ce qui s’est produit en 2014 aux États-Unis, lorsque l’agent Christopher Manney a tué de 14 balles un homme noir non armé répondant au nom de Dontre Hamilton à Milwaukee. Plus tard, le policier a décrit M. Hamilton comme étant un homme imposant et musclé, et a expliqué qu’il craignait que celui-ci ne prenne le dessus. __________________ 37 19-13272 Equal Justice Initiative, « Presumption of guilt ». Disponible à l’adresse suivante : https://eji.org/racial-justice/presumption-guilt. 17/25

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