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pour une femme portant un nom à consonance française 46. Des tests par envoi de
curriculum vitae et des enquêtes réalisées auprès des employeurs ont montré que les
femmes musulmanes d’Europe voyaient leur accès au marché du travail entravé par
la discrimination fondée sur la race, l’appartenance ethnique, le genre et la religion 47.
En outre, la convergence de processus fondés sur la race et différenciés selon le sexe
a entraîné une surveillance excessive des femmes d’ascendance africaine sur le lieu
de travail. Des femmes noires ont également été victimes de discrimination en raison
de leurs cheveux, certains employeurs imposant formellement des codes esthétiques
définissant les coiffures africaines traditionnelles comme étant peu professionnelles 48.
74. Les préjugés raciaux perpétués et tolérés par le biais de stéréotypes négatifs
toxiques ont également des répercussions sur l’accès au logement des personnes
d’ascendance africaine. Les décisions individuelles et subjectives des prêteurs, des
propriétaires et des courtiers ont une incidence considérable sur le logement et la
stabilité. Tout individu a un droit fondamental au logement, qui lui garantit l ’accès à
un logement sûr, sécuritaire, habitable et abordable, à l ’abri d’une expulsion forcée 49.
Ce droit doit être assuré à tous et à toutes sans distinction de revenus ou de toutes
autres ressources économiques. Malgré cela, la discrimination sur les marchés du
logement et de la location se poursuit sans relâche. Dans c ertains pays, les annonces
de location contiennent la mention « contrat de travail à durée indéterminée requis »
ou encore « nous ne louons pas aux étrangers ». Dans d’autres pays, les propriétaires
refusent de louer leur bien lorsqu’ils détectent un accent africain au téléphone,
reconnaissent un nom à consonance africaine ou si la personne intéressée a la peau
foncée. La prise de décisions individuelle des propriétaires, entre autres, continue
d’être influencée par des stéréotypes négatifs et des préjugés raciaux.
75. En outre, vers 2008, la pratique généralisée du redlining inversé a entraîné une
perte dramatique de richesse et de logements au sein des communautés d ’ascendance
africaine aux États-Unis ; les prêteurs et courtiers hypothécaires avaient octroyé
spécifiquement aux personnes d’ascendance africaine et latino-américaine des prêts
hypothécaires à haut risque afin de favoriser une explosion des créances titrisées
visant à alimenter les marchés financiers. Il avait alors été considéré comme
acceptable d’exploiter de manière disproportionnée les communautés d ’ascendance
africaine à des fins lucratives. De surcroît, alors que de nombreuses banques ont été
renflouées par le Gouvernement à la suite des pertes catastrophiques de 2008, bon
nombre de personnes d’ascendance africaine, qui avaient subi une perte de richesse,
de logement et de stabilité au moins tout aussi catastrophique, n’ont reçu aucune aide.
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Voir Pascal Petit, Emmanuel Duguet, Yannick L’Horty, Loïc du Parquet et Florent Sari,
« Discrimination à l’embauche : les effets du genre et de l’origine se cumulent-ils
systématiquement ? », Économie et Statistique, n° 464-466, 2013.
Voir Đermana Šeta, « Forgotten women: the impact of Islamophobia on Muslim women »,
European Network Against Racism, Bruxelles, 2016.
Aux États-Unis, le problème est si répandu qu’alors même que certains tribunaux ont reconnu
cette forme de discrimination, la Commission des droits de l’homme de la ville de New York a
récemment interdit la discrimination fondée sur la coupe de cheveux, en vue de lutter
spécifiquement contre ce type de préjugé racial qui touche les personnes d’ascendance africaine,
en particulier dans le secteur de l’emploi. Voir New York City Commission on Human Rights,
« Legal enforcement guidance on race discrimination on the basis of hair », février 2019.
Disponible à l’adresse suivante : https://www1.nyc.gov/assets/cchr/downloads/pdf/HairGuidance.pdf.
Voir l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’article 11 du Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, l ’article 27 de la Convention
relative aux droits de l’enfant, l’article 5 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes
de discrimination raciale et l’article 14 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes.
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