A/HRC/48/78
les générations futures. Pour le bien de l’humanité, les politiques devaient répondre à
l’urgence mondiale.
38.
Le représentant de l’Union européenne a évoqué l’action climatique et l’ensemble de
mesures du pacte vert pour l’Europe, qui visaient à protéger la planète tout en rendant la
transition équitable et inclusive. L’Union européenne s’attachait en outre à améliorer l’accès
à la justice en matière environnementale, notamment grâce à la Convention d’Aarhus. Dans
le cadre de son plan d’action contre le racisme 2020-2025, l’Union européenne avait adopté
un nouveau cadre stratégique en faveur des Roms, qui prévoyait des mesures destinées à
atténuer les effets disproportionnés des crises sur cette communauté et à assurer la justice
environnementale.
39.
Le représentant des États-Unis a souligné que les mesures visant à lutter contre le
racisme systémique et à relever les défis environnementaux, notamment celui des
changements climatiques, figuraient parmi les grandes priorités de son pays, qui avait
réintégré l’Accord de Paris et nommé le premier envoyé présidentiel pour le climat. Les
États-Unis s’engageaient notamment à faire progresser la justice environnementale au niveau
national et à demander des comptes aux pollueurs, notamment ceux dont les activités
causaient des dommages disproportionnés aux personnes de couleur et aux populations à
faible revenu. Un décret sur la justice environnementale avait intégré celle-ci à la mission de
tous les organismes fédéraux en prévoyant la mise en place de programmes, politiques et
activités destinés à remédier aux préjudices sanitaires, économiques, environnementaux et
climatiques disproportionnés que subissaient les communautés défavorisées. Ce décret avait
permis de créer deux conseils sur la justice environnementale auprès de la Maison-Blanche,
afin qu’une stratégie soit adoptée à l’échelle de toute l’administration pour lutter contre les
injustices environnementales actuelles et historiques, notamment en renforçant et en
contrôlant l’application de la loi par l’Agence de protection de l’environnement, le
Département de la justice et le Département de la santé et des services sociaux. Le décret
avait également permis la mise en place de l’initiative « Justice40 », dont l’objectif était de
faire bénéficier les communautés défavorisées de 40 % des fruits des investissements publics
pertinents, ainsi que la création d’un indicateur de résultats en matière de justice
environnementale afin de suivre les performances dans ce domaine.
40.
Le représentant du Brésil partageait l’avis que les communautés traditionnelles
jouaient un rôle important dans la préservation des écosystèmes et qu’il fallait les consulter.
Il a souligné l’importance du médiateur pour les droits de l’homme et d’autres institutions
nationales pour faire face aux menaces pesant sur ces droits. Le Brésil avait produit des
données sur les effets de la COVID-19, ventilées par race, qui s’étaient avérées essentielles
à l’action en faveur des plus vulnérables. Le représentant de Cuba a souligné l’importance de
cette question et confirmé que la saison des ouragans et des tempêtes s’intensifiait dans les
Caraïbes en raison de la crise climatique.
3.
Racisme environnemental, crise climatique et justice réparatrice
41.
M. Reid a déclaré que la réunion-débat portait sur la question fondamentale de
l’exploitation, les effets destructeurs du colonialisme sur l’environnement, l’exploitation des
personnes d’ascendance africaine et ses conséquences à long terme, et les problèmes et sujets
de préoccupation auxquels les personnes d’ascendance africaine faisaient face aujourd’hui.
42.
Pour Hilary Beckles, Président de la Commission de réparation de la Communauté
des Caraïbes (CARICOM) et Vice-Chancelier de l’Université des Indes occidentales, les
questions transversales de la lutte contre le racisme institutionnel et de la pensée écologique
devaient être au cœur des discussions. La conjonction des mouvements mondiaux pour une
justice réparatrice à l’égard des crimes contre l’humanité et la crise climatique méritaient
l’attention de la communauté mondiale. Cette crise climatique venait s’ajouter aux injustices
du passé. Déjà aux prises avec l’héritage de l’esclavage, la communauté noire subissait
maintenant les effets des changements climatiques. En raison de l’élévation des températures
à l’échelle de la planète, les ouragans étaient de plus en plus fréquents et de plus en plus
violents. Dans cette nouvelle réalité, la mort et la destruction étaient devenues la norme ;
ensemble, l’héritage historique et les ouragans faisaient peser une menace sur l’existence
même des populations caribéennes. Dans un contexte de pauvreté de masse, découlant du
système esclavagiste des plantations, la crise climatique était un nouveau facteur de
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