A/HRC/48/78
africaine qui tentaient de défendre leurs droits humains liés à l’environnement faisaient
l’objet de violences, d’intimidations et de menaces inacceptables.
22.
Conformément aux Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de
l’homme, les entreprises devaient se garder d’enfreindre les droits des personnes. Le
relèvement après la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19) était l’occasion de bâtir
des systèmes plus justes et plus résilients dans un monde plus propre, plus respectueux de
l’environnement et plus sûr, ce qui supposait l’adoption d’une approche fondée sur les droits
de l’homme qui favorise une réelle participation de toutes et tous, y compris des plus
vulnérables. Les personnes d’ascendance africaine devaient faire partie de la solution au
problème climatique. Les organisateurs de la vingt-sixième session de la Conférence des
Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui aurait
lieu prochainement à Glasgow, s’étaient engagés à garantir la participation la plus large
possible à cette manifestation. Les acteurs des Nations Unies et les États devraient veiller, de
concert avec la société civile, à ce que cet engagement soit tenu. Il fallait absolument inclure
les personnes d’ascendance africaine et prendre la mesure de leur importance pour la prise
de décisions à tous les stades de l’action en faveur de l’environnement.
23.
À la suite d’un échange de vues avec la Haute-Commissaire, le Groupe de travail a
adopté l’ordre du jour et le programme de travail de sa vingt-huitième session.
24.
La Présidente a récapitulé les activités que le Groupe de travail avait menées au cours
de l’année écoulée. Elle a appelé l’attention sur les directives opérationnelles concernant
l’inclusion des personnes d’ascendance africaine dans le Programme 2030, adoptées par le
Groupe de travail le 9 décembre 2020. Celui-ci avait grandement aidé le HCDH à élaborer
un rapport sur la justice raciale et l’application de la résolution 43/1 du Conseil des droits de
l’homme. Il avait en outre adressé une lettre ouverte au Congrès des États-Unis pour
manifester son adhésion au projet de loi H.R.40 (voir par. 16 ci-dessus).
B.
Résumé des débats
25.
Au cours de sa session thématique, le Groupe de travail s’est penché sur des solutions
axées sur les droits de l’homme pour remédier à l’injustice environnementale, aux disparités
raciales, aux inégalités de protection, ainsi qu’aux conséquences particulières de la crise
climatique et du racisme environnemental pour les personnes d’ascendance africaine. Trois
tables rondes ont eu lieu à cette session.
1.
Racisme environnemental : la terre, l’air et le feu (et l’eau)
26.
Dans son discours liminaire, la Présidente du Groupe de travail a souligné qu’il
importait d’accorder une attention particulière aux personnes d’ascendance africaine pour
bien saisir la dimension raciale de la crise climatique. La race était à l’origine d’une
normalisation de l’exploitation et du mépris, qui justifiait de réaliser des bénéfices au
détriment de la vie, des ressources et des terres des personnes. La Présidente a évoqué la
première projection de « Mossville: When Great Trees Fall » et le débat sur ce documentaire,
coorganisés avec l’équipe de Mossville, qu’elle a remerciée d’avoir produit une œuvre si
importante illustrant les conséquences funestes du racisme environnemental. D’autres
spécialistes de la justice climatique prendraient la parole pendant la session et examineraient
les effets du racisme systémique et de la crise environnementale et climatique sur les
personnes d’ascendance africaine.
27.
Rosamund Kissi-Debrah, défenseure de la santé et de la qualité de l’air à
l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et cofondatrice de l’Ella Roberta Family
Foundation, a évoqué le cas de sa fille de 9 ans, Ella, décédée d’une forme grave d’asthme
en 2013 : c’était la première fois au Royaume-Uni qu’un acte de décès attribuait la mort d’une
personne à la pollution atmosphérique. Selon une décision historique rendue en décembre
2020 à l’issue d’une deuxième enquête du coroner sur la mort d’Ella, la pollution de l’air
avait largement contribué à la survenue puis à l’aggravation de l’asthme de la jeune fille.
Entre 2010 et 2013, Ella avait été exposée à des niveaux de dioxyde d’azote et de matières
particulaires, imputables essentiellement aux émissions liées à la circulation, qui dépassaient
les limites définies par l’Organisation mondiale de la Santé dans ses directives. Il avait été
6
GE.21-09167