Situation relative aux droits humains dans les territoires ukrainiens
temporairement occupés, y compris la République autonome
de Crimée et la ville de Sébastopol
A/RES/78/221
la Puissance occupante, notamment l’expropriation de terres, la démolition de
maisons et l’épuisement de ressources naturelles et agricoles,
Réaffirmant le droit de toutes les personnes déplacées et réfugiées qui pâtissent
de l’occupation temporaire par la Fédération de Russie de rentrer chez elles en
Ukraine,
Se déclarant de nouveau gravement préoccupée par le fait qu’aux termes de la
décision rendue le 26 avril 2016 par la « Cour suprême de Crimée » et de celle rendue
le 29 septembre 2016 par la Cour suprême de la Fédération de Russie, le Mejlis des
Tatars de Crimée, assemblée représentative autonome des Tatars de Crimée, peuple
autochtone de Crimée, continue d’être considéré comme une organisation extrémiste
et ses activités demeurent proscrites, et que la persécution des responsables du Mejlis
des Tatars de Crimée se poursuit,
Condamnant la pression qui continue d’être exercée sur les minorités religieuses
et leurs membres, notamment les fréquentes perquisitions dont ils font l ’objet, la
démolition des bâtiments consacrés à la religion et les expulsions de ces bâtiments,
les exigences indues qui leur sont imposées en matière d’enregistrement et qui
entraînent des modifications du statut juridique et des droits de propriété, ainsi que
les menaces et les persécutions que subissent l’Église orthodoxe ukrainienne, les
Églises protestantes, les communautés religieuses musulmanes, les gréco -catholiques,
les catholiques romains et les Témoins de Jéhovah, et condamnant également les
poursuites infondées engagées contre des dizaines de musulmans pacifiques au motif
qu’ils seraient membres d’organisations extrémistes,
Gravement préoccupée par le recours constant à des tribunaux militaires,
y compris ceux situés sur le territoire de la Fédération de Russie, pour juger les
résidents civils des territoires ukrainiens temporairement contrôlés ou occupés, et par
le manquement au respect des normes de procès équitable par la Puissance occupante,
Condamnant l’application abusive, constante et généralisée de lois
antiterroristes et anti-extrémistes pour faire taire les dissidents, notamment
l’imposition de la nouvelle législation russe visant à dissuader les résidents des
territoires ukrainiens temporairement contrôlés ou occupés de manifester
pacifiquement conformément à leurs droits à la liberté d’expression et à une opinion
politique, après et pendant la guerre d’agression non provoquée menée par la
Fédération de Russie contre l’Ukraine,
Condamnant fermement à cet égard la pression continue et les arrestations en
masse pour cause de terrorisme, d’extrémisme et d’espionnage, et les autres formes
de répression à l’égard de journalistes et d’autres professionnels des médias, de
défenseurs des droits humains et de militants des droits civils, notamment des
militants de l’Initiative civique de solidarité de la Crimée, qui rassemblent des
informations sur les violations commises et offrent une aide humanitaire aux familles
des victimes de poursuites judiciaires à motivation politique,
Rappelant l’ordonnance en indication de mesures conservatoires prise par la
Cour internationale de Justice le 19 avril 2017 concernant l’affaire Application de la
Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme et de la
Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
raciale (Ukraine c. Fédération de Russie) 23,
Rappelant également l’ordonnance en indication de mesures conservatoires
prise par la Cour internationale de Justice le 16 mars 2022 concernant l ’affaire
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Voir Documents officiels de l’Assemblée générale, soixante-douzième session, Supplément n o 4
(A/72/4), chap. V, sect. A.
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