CRPD/C/GC/5
immédiate de concevoir et d’adopter des stratégies concrètes et des plans d’action visant à
mettre en place des services d’appui en y allouant les ressources nécessaires, et de veiller à
rendre les services destinés à la population générale, déjà en place ou nouvellement créés,
accessibles aux personnes handicapées.
40.
L’obligation de respecter n’est pas uniquement une obligation négative ;
positivement, elle impose aux États parties de prendre toutes les mesures nécessaires pour
veiller à ce qu’aucun des droits consacrés à l’article 19 ne soit violé par l’État ou par une
entité privée.
41.
Afin de parvenir à la réalisation progressive des droits économiques, sociaux et
culturels, les États parties doivent agir au maximum de leurs ressources disponibles 5. Ils
doivent adopter des mesures immédiatement ou dans un délai raisonnablement bref. Ces
mesures doivent avoir un caractère délibéré, concret et ciblé, et tous les moyens appropriés
doivent être utilisés6. La réalisation méthodique du droit à l’autonomie de vie et à
l’inclusion dans la société exige des changements structurels. Ce constat s’applique en
particulier à la désinstitutionalisation sous toutes ses formes.
42.
Les États parties ont l’obligation immédiate d’engager un processus de planification
stratégique assorti de délais appropriés et de ressources adéquates afin de remplacer les
institutions d’accueil par des services d’appui à l’autonomie de vie, en consultation étroite
et respectueuse avec les organisations représentant les personnes handicapées. La marge
d’appréciation dont disposent les États parties concerne la mise en œuvre des programmes,
mais ne concerne pas le principe de la désinstitutionalisation. Les États parties devraient
élaborer des plans de transition en concertation avec les personnes handicapées, par
l’intermédiaire des organisations qui les représentent, afin de garantir leur pleine intégration
dans la société.
43.
Lorsqu’un État partie souhaite adopter des dispositions régressives au regard de
l’article 19, par exemple pour faire face à une crise économique ou financière, il doit faire
la démonstration que ces dispositions sont temporaires, nécessaires et non discriminatoires
et qu’elles ne contreviennent pas à ses obligations fondamentales 7.
44.
Une obligation dont la mise en œuvre est progressive implique aussi qu’aucune
mesure régressive ne soit prise en matière d’exercice des droits économiques, sociaux et
culturels. Ce type de mesures empêche les personnes handicapées d’exercer pleinement leur
droit à l’autonomie de vie et à l’inclusion dans la société. En conséquence, les mesures
régressives constituent une violation de l’article 19.
45.
Il est interdit aux États parties de prendre des mesures régressives en ce qui concerne
les obligations fondamentales minimales relevant du droit à l’autonomie de vie et à
l’inclusion dans la société qui sont énoncées dans la présente observation générale.
46.
Les États parties ont l’obligation immédiate de mettre fin à la discrimination à
l’égard des personnes handicapées et des groupes de personnes handicapées et de garantir
leur droit à l’autonomie de vie et à l’inclusion dans la société dans des conditions d’égalité.
Pour ce faire, ils doivent donc rapporter ou réformer les politiques, les lois et les pratiques
qui empêchent les personnes handicapées, par exemple, de choisir leur lieu de résidence,
d’obtenir un logement abordable et accessible, de louer un logement ou d’avoir accès aux
équipements et services destinés à la population générale dont ils auraient besoin pour vivre
de manière autonome. L’obligation d’apporter des aménagements raisonnables énoncée au
paragraphe 3 de l’article 5 ne peut pas non plus être observée de façon progressive.
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GE.17-19008
Voir l’article 2 (par. 1) du Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et
l’article 4 (par. 2) de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
Voir l’observation générale no 3 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels, par. 2.
Lettre datée du 16 mai 2012, adressée par le Président du Comité des droits économiques, sociaux et
culturels aux États parties au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels,
disponible à l’adresse : http://tbinternet.ohchr.org/Treaties/CESCR/Shared%20Documents/
1_Global/INT_CESCR_SUS_6395_F.pdf.
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