CEDAW/C/GC/36
communautés, avec pour conséquence une image négative quant aux capacités
d’apprentissage des femmes et filles handicapées. En outre, le nombre d ’enseignants
formés pour s’occuper d’élèves ayant des besoins particuliers est souvent insuffisant.
Les étudiantes lesbiennes, bisexuelles, transgenres et intersexuées
45. L’intimidation, le harcèlement et les menaces exercés à l’encontre de ces
étudiantes par d’autres élèves ou par des enseignants constituent autant d ’obstacles
au droit à l’éducation. Les écoles perpétuent et renforcent les préjugés sociaux, soit
parce que les instances dirigeantes des établissements ne mettent pas concrètement
en œuvre les politiques arrêtées en la matière, soit parce que les enseignants, chefs
d’établissement et autres autorités scolaires ne font pas suffisamment respecter les
mesures de lutte contre la discrimination. Un niveau d’instruction limité et des tabous
culturels sont parmi les facteurs qui empêchent les étudiantes lesbiennes, bisexuelles,
transgenres et intersexuées de s’élever dans l’échelle sociale et les exposent
davantage à la violence.
46. Le Comité recommande aux États parties de tout faire pour garantir le
droit à l’éducation de toutes les catégories défavorisées et marginalisées en
éliminant les stéréotypes et la discrimination, en levant les obstacles qui
entravent l’accès à l’éducation et en déployant les mesures suivantes :
a)
Lutter contre les stéréotypes, en particulier ceux qui visent les filles et
femmes autochtones et celles issues des minorités et, en ce qu’ils peuvent
compromettre leur accès à l’éducation et les exposent à des violences au sein de
leur établissement scolaire, dans leur communauté et sur le chemin de l’école,
spécialement dans les zones reculées ;
b)
S’attaquer aux difficultés socioéconomiques et aux mauvaises
conditions de vie que connaissent plus particulièrement les filles et les femmes
autochtones et celles issues des minorités et, qui entravent leur accès à
l’éducation, compte tenu aussi de la préférence accordée aux garçons en matière
d’éducation dans les familles aux revenus modestes ;
c)
Veiller, le cas échéant, en collaboration avec les donateurs et les
agences humanitaires, à ce que des dispositions appropriées soient prises pour
l’éducation et la sécurité de tous les groupes de filles et femmes défavorisées ;
d)
S’assurer que l’application d’un code vestimentaire obligatoire et
l’interdiction de certains vêtements ne constituent pas un obstacle à l’admission
dans les établissements scolaires ordinaires, en particulier pour les élèves issus
de l’immigration ;
e)
Éliminer toutes les formes de discrimination dirigées contre les filles
et femmes handicapées en recensant et en supprimant les barrières juridiques,
physiques, sociales, financières, comportementales et linguistiques, ainsi que
celles liées aux problèmes de communication au sein des établissements
d’enseignement et des communautés ;
f)
Prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que les filles et
femmes handicapées ne fassent l’objet d’aucune discrimination à aucun niveau
d’enseignement, en proposant une éducation inclusive dans un cadre
d’apprentissage bénéficiant d’aménagements raisonnables ;
g)
Garantir que les établissements scolaires soient physiquement
accessibles et empêcher les chefs d’établissements de s’opposer à l’inscription
d’élèves handicapés, en particulier lorsqu’il s’agit de filles ; s’assurer que les
programmes scolaires ainsi que les supports et stratégies pédagogiques soient
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