A/HRC/RES/43/28
43.
Constate que des États extérieurs à la région ont mis en place des mesures et
des politiques pour aider et accueillir des réfugiés syriens, encourage ces États à faire plus
encore et encourage aussi d’autres États extérieurs à la région à envisager d’adopter des
mesures et des politiques analogues, également dans le but de fournir aux réfugiés syriens
une protection et une aide humanitaire ;
44.
Constate avec préoccupation que l’un des principaux obstacles au retour
volontaire, en toute sécurité et dans la dignité des réfugiés réside dans les violations des
droits de l’homme que commettent les autorités syriennes elles-mêmes à l’égard de civils
dans les régions qu’elles contrôlent, notamment les atteintes à la liberté de réunion, de
circulation et d’expression, ainsi que les confiscations systématiques de biens, la
conscription forcée, les arrestations illégales, les disparitions forcées, la violence politique
et la torture ;
45.
Se déclare préoccupé par les informations selon lesquelles les autorités
syriennes empêchent arbitrairement les personnes déplacées d’accéder à leurs foyers et d’y
retourner, sans raison apparemment valable sur le plan de la sécurité et sans offrir d’autres
solutions aux communautés déplacées, ce qui peut constituer un déplacement forcé ;
46.
Déplore à ce sujet l’existence et l’application de lois nationales, en particulier
la loi no 42/2018, ainsi que d’autres lois et pratiques relatives aux droits au logement, à la
terre et à la propriété, qui portent gravement préjudice au droit des Syriens déplacés par le
conflit pour ce qui est de réclamer la restitution de leurs biens, comme l’illustrent les
informations récentes faisant état de nombreuses démolitions de biens dans toute la
République arabe syrienne, demande l’abrogation immédiate de ces lois, et souligne que les
Syriens déplacés ont le droit de pouvoir rentrer chez eux volontairement, en toute sécurité
et dans la dignité lorsque la situation sur le terrain le permet ;
47.
Se déclare préoccupé par le fait que les hostilités ont restreint l’accès aux
documents civils ou entraîné la perte de ceux-ci, y compris par confiscation, ce qui limite la
liberté de circulation, l’accès aux services essentiels et les droits au logement, à la terre et à
la propriété, en particulier pour les enfants, les personnes handicapées, les femmes et les
familles dirigées par une femme, et constate que l’absence de registre de décès et d’actes
officiels de décès peut influer grandement sur les droits de succession et de garde et
restreindre gravement la liberté de circulation ;
48.
Exhorte toutes les parties à mettre en œuvre la recommandation de la
Commission d’enquête pour que le droit au retour soit pleinement respecté et que son
exercice soit facilité, en veillant à ce que tous les retours vers les lieux d’origine soient
volontaires et sûrs et qu’ils s’effectuent dans la dignité et avec le consentement éclairé des
intéressés, et à protéger tous les droits de propriété et d’occupation, en coopération avec les
organismes compétents, tels que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les
réfugiés ;
49.
Condamne avec la plus grande fermeté l’emploi répété d’armes chimiques
par les autorités syriennes, en violation des obligations qui lui incombent en application de
la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de
l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction et de la résolution 2118 (2013) du
Conseil de sécurité, et tout emploi d’armes chimiques en violation des règles et normes
internationales bien établies contre un tel emploi ;
50.
Se déclare vivement préoccupé par les rapports établis par le Secrétariat
technique de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, dans lesquels celui-ci
déclare qu’il n’est toujours pas en mesure de confirmer que les déclarations des autorités
syriennes concernant le programme d’armes chimiques étaient complètes et exactes au
regard de la Convention sur les armes chimiques, et demande à la République arabe
syrienne de coopérer pleinement avec l’Organisation pour expliquer les lacunes,
contradictions et anomalies qui persistent ;
51.
Salue le fait que le Secrétariat technique de l’Organisation pour l’interdiction
des armes chimiques a achevé les préparatifs de l’établissement de l’Équipe d’enquête et
d’identification chargée d’identifier les auteurs de l’emploi d’armes chimiques en
République arabe syrienne en recueillant et en communiquant toute information
GE.20-08499
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