A/79/151 discriminatoires ou incitent à la violence à l’égard des parties prenantes LGBT aux élections. A. Médias 55. L’étendue, la profondeur et la qualité de la couverture médiatique pendant les élections dépendent de nombreux facteurs, notamment des garanties de la liberté d’expression. Des médias libres et inclusifs, agissant dans un cadre juridique non discriminatoire et non répressif fondé sur les droits, peuvent constituer une source d’information précieuse pour l’électorat. Les environnements médiatiques contemporains comportent une diversité de plateformes formelles et informelles, la multiplicité des univers des médias sociaux s’ajoutant à la presse écrite, à la radio et à la télévision traditionnelles. Dans des contextes défavorables, toutefois, la couverture par les médias formels et plus informels, notamment les médias sociaux, peut dresser des obstacles considérables à une participation électorale pleine et égale, par exemple en amplifiant la rhétorique discriminatoire ou en incitant à des actes d’intimidation ou de violence à l’égard des personnes LGBT. Les plateformes médiatiques peuvent exercer une influence néfaste lorsqu’elles contribuent à normaliser les discours discriminatoires ou les propos dénigrants à l ’égard des personnes LGBT. Les journalistes qui couvrent les questions relatives aux personnes LGBT, ou qui sont LGBT, peuvent être la cible d’actes d’intimidation et d’autres attaques. Les femmes journalistes sont particulièrement exposées aux attaques en ligne à caractère sexiste, misogyne ou diffamatoire 166 , qui « visent souvent des femmes issues de minorités religieuses et ethniques ou des personnes de genre non conforme aux catégories établies » 167 . Les informations relatives aux personnes LGBT peuvent également être limitées de manière déraisonnable par des pratiques nationales qui criminalisent l’expression publique des identités ou des questions LGBT 168. 56. L’indépendance des médias peut être garantie par des lois et des pratiques établies de longue date pour les médias traditionnels, qui peuvent s ’appliquer différemment aux médias privés et publics. Les réglementations visant à prévenir les discours de haine ou l’incitation à la violence s’appliquent généralement à tous les médias, qu’ils soient publics ou privés. Leur application est rarement automatique et nécessite parfois le dépôt de plaintes auprès des organismes de gestion des élections, des tribunaux ou des organes de contrôle. Les plaintes contre les discours dénigrants ou discriminatoires à l’égard des personnes LGBT se présentant aux élections restent parfois sans réponse ou limitées lors des campagnes électorales. La réglementation de la responsabilité dans la diffusion des opinions de certaines personnalités politiques est un facteur de complication dans plusieurs juridictions. Il se peut que les médias ne soient pas tenus pour responsables de la reproduction ou de la diffusion de discours de responsables politiques, en particulier si ceux-ci sont diffusés en direct à l’antenne. Compte tenu de l’évolution rapide des normes relatives à la responsabilité des personnes et des plateformes en matière de discours de haine, il importe d ’appeler l’attention sur les préjudices découlant de l’utilisation par des personnalités politiques d’une rhétorique discriminatoire ou incitant à la violence contre lesquels les entités lésées ne bénéficient d’aucune protection : ces pratiques peuvent banaliser la rhétorique discriminatoire, voire accroître les risques encourus par les personnes LGBT qui présentent leur candidature. __________________ 166 167 168 24-12964 Voir A/HRC/56/53. A/HRC/50/29, par. 36. Voir A/76/258. 23/29

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