A/HRC/50/25 dans le but de les réduire au silence. L’une d’elles a expliqué qu’elles devaient parfois renoncer à se mobiliser pour des causes qui les passionnaient, en raison du danger que cela représentait. Certaines filles et jeunes femmes ont également indiqué que l’État ne leur offrait aucune protection, ce qui, dans certains cas, revenait à entretenir, par l’intermédiaire des forces de sécurité, un climat de menaces ou de violences. Des actes de violence, tels que des attouchements déplacés, l’exposition des sous-vêtements durant l’arrestation, des fouilles à nu humiliantes et inutiles, des menaces de viol, des déshabillages forcés et des insultes sexistes, ont été commis par les forces de l’ordre et le personnel pénitentiaire, notamment pendant la répression injustifiée d’une mobilisation pacifique. 38. Dans le contexte des réactions hostiles à l’égard de l’égalité des sexes, les filles et les jeunes femmes sont exposées à des risques accrus de harcèlement et de violence lorsqu’elles se mobilisent dans des domaines liés à l’égalité des sexes, en particulier aux droits en matière de sexualité et de procréation, à l’égalité dans le mariage et aux questions relatives aux lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes et queers. Elles sont également exposées à la violence domestique, notamment la violence sexuelle, en représailles de leur militantisme, et sont parfois séparées de leurs enfants par leur partenaire et leur famille en guise de punition30. Dans certains cas, elles sont contraintes de choisir entre la poursuite de leurs activités militantes et le maintien de leurs liens familiaux. De nombreuses filles n’étant pas en mesure de subvenir elles-mêmes à leurs besoins, la perte du soutien de leur famille en raison de leur militantisme peut avoir des conséquences catastrophiques 31 . D’autres sont contraintes d’abandonner leurs activités militantes pour assurer la survie économique de leur famille32. 39. La violence fondée sur le genre et le harcèlement en ligne ajoutent des obstacles supplémentaires au militantisme des filles et des jeunes femmes 33 . Les technologies numériques peuvent être utilisées pour faire du chantage à des filles et des jeunes femmes militantes, les contrôler, les surveiller, les soumettre à des contraintes, les harceler, les humilier ou les réduire à l’état d’objet, notamment au moyen de contenus pornographiques « hypertruqués » (deep fake) et par des menaces de mort. En conséquence, de nombreuses victimes de telles pratiques limitent leurs activités en ligne, ce qui les amène à s’autocensurer, sont stigmatisées au sein de leur famille et de leur communauté ou fuient simplement les espaces en ligne. La majorité des jeunes femmes et des filles consultées avaient été victimes d’une forme d’atteinte en ligne ciblée et fondée sur le genre, notamment de messages de menace, de harcèlement sexuel et de partage d’images privées sans leur consentement34. Les attaques dirigées contre les filles et les jeunes femmes militantes sont souvent orchestrées dans le but de dénigrer ces dernières, de leur ôter toute légitimité, de les ridiculiser et de les exposer au mépris ou à la calomnie. Dans certains cas, leur famille peut leur interdire de poursuivre leurs activités militantes pour éviter une atteinte à leur réputation. Dans certains pays, le seul fait qu’une fille ou une jeune femme soit présente sur les médias sociaux peut constituer un grand risque pour son intégrité personnelle. La collecte de données à grande échelle et l’analyse par algorithme d’informations sensibles créent de nouveaux risques pour les militantes, en particulier celles appartenant à des communautés lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes et queer. Comme l’a expliqué une militante : « lorsque nous menons des campagnes en ligne, nous avons parfois peur de nous exprimer ouvertement, car nous savons que le Gouvernement a recours à la surveillance numérique ». 40. Les filles sont soumises à différentes formes de mauvais traitements qui leur sont infligés par des adultes, notamment à des châtiments corporels de la part de membres de leur famille, à la stigmatisation au sein de leur communauté ou aux représailles de leur établissement d’enseignement, qui peut par exemple les empêcher de passer leurs examens. Au cours des consultations menées, des filles ont fait part des punitions qui leur ont été 30 31 32 33 34 12 Ibid. et A/HRC/40/60. Voir A/HRC/40/60. Voir Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence contre les enfants, « Children as agents of positive change. A mapping of children’s initiatives across regions, towards an inclusive and healthy world free from violence » (2021). Voir A/HRC/38/47. Voir https://webfoundation.org/2020/03/the-online-crisis-facing-women-and-girls-threatens-globalprogress-on-gender-equality/. GE.22-06906

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