A/76/302
Nations Unies sur la promotion et le plein respect des droits humains des personnes
d’ascendance africaine ainsi qu’à la constitution d’une Instance permanente des
personnes d’ascendance africaine. Le Fonds des Nations Unies pour la population
présente les travaux qu’il mène en faveur des personnes d’ascendance africaine et
contre le racisme. S’exprimant au nom du Réseau des Nations Unies sur la
discrimination raciale et la protection des minorités, le représentant de l’Office des
Nations Unies contre la drogue et le crime explique que 20 entités des Nations Unies
se sont engagées à renforcer leur lutte contre la discrimination raciale, à protéger les
minorités et à combattre la discrimination au sein de l’Organisation. Les représentants
de la société civile évoquent le risque que des pratiques et politiques discriminatoires
soient intégrées dans les algorithmes, le codage et les produits basés sur des données ?
et apportent leur soutien à la création d’une Instance permanente des personnes
d’ascendance africaine.
V. Un an après : bilan des efforts entrepris pour faire
des personnes d’ascendance africaine des titulaires de droits
face au racisme systémique et à l’impunité
A.
COVID-19 : une gestion placée sous le signe de la négation
des droits et de la « jetabilité » de l’individu
26. Au début de la pandémie, le Groupe de travail a fait état, parallèlement aux
risques liés à la COVID-19 elle-même, d’une multiplication des actes de violence
commis par la police à l’encontre des personnes d’ascendance africaine 1. Il a précisé
que la race était le « dénominateur commun » entre COVID-19, impunité policière et
protestations mondiales, notant l’étroite imbrication des variables et considérations
en la matière. L’idée que des êtres humains puissent être jetés après usage et remplacés
par d’autres, notion sur laquelle reposait obligatoirement le concept social de la race
par le passé, a continué de justifier l’exploitation du travail, de la vie ou de la propriété
intellectuelle des personnes d’ascendance africaine. Ces sous-entendus et ces signaux
sociaux que l’on intègre, ces réactions qui paraissent automatiques face à l’incertitude
et à des situations inédites qui semblent davantage confirmer le racisme structurel
plutôt que d’incarner une volonté affichée de l’éradiquer, en sont souvent la
manifestation 2. D’aucuns y ont vu l’expression d’un lien atavique et persistant entre
l’impunité présupposée dont jouissent les forces de l’ordre en cas de violences et
d’abus de pouvoir, le mépris et la négation des disparités raciales, flagrants pendant
la pandémie de COVID-19, et les réactions, racialement biaisées, des États face aux
protestations et manifestations.
27. Le fait que le processus décisionnel associé à la pandémie de COVID -19 ne
prenne en compte ni les disparités raciales ni le racisme structurel demeure une
préoccupation première. Le Groupe de travail s’inquiète plus particulièrement de la
façon dont se déroulent les campagnes de vaccination, qui ne font guère de cas des
disparités raciales et de la solidarité internationale. Des mesures et interventions en
apparence neutres peuvent se révéler discriminatoires si des efforts particuliers ne
sont pas engagés pour contrer les préjugés raciaux. Ainsi qu’il a été dit plus haut, la
vulnérabilité accrue des personnes d’ascendance africaine à la COVID-19 trouve son
origine dans le racisme structurel qui a de tout temps ignoré les obstacles entravant
__________________
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Voir A/HRC/45/44.
Tanaz Molapour et autres, « Seven computations of the social brain », Social Cognitive and
Affective Neuroscience, vol. 16, n o°8 (août 2021).
21-11641
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