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constitue un premier pas vers la reconnaissance de cet héritage du passé que
constituent le racisme et l’oppression généralisés envers les personnes de couleur.
17. En réponse aux questions posées par des membres du Groupe de travail durant
le débat, M me Brown revient plus longuement sur les mesures législatives et politiques
à mettre en place pour prévenir et combattre les violences et les brutalités policières
visant des personnes d’ascendance africaine. Elle considère que le Congrès des ÉtatsUnis devrait adopter une législation conforme aux dispositions de la Convention
internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Elle
fait valoir que les États Membres devraient concentrer leurs efforts sur les demandes
de réparation et sur les appels à la justice réparatrice, plutôt que de se focaliser sur la
réforme de la police, qui n’a manifestement pas suffi à mettre à bas les préjugés
racistes au sein des forces de l’ordre. Elle ajoute que les réparations financières et
morales devraient couvrir l’ensemble des discriminations subies par les personnes
d’ascendance africaine, y compris le racisme environnemental et le racisme qui sévit
dans le domaine de la santé publique. M me Barreto estime par ailleurs que les pouvoirs
publics devraient porter une attention particulière aux groupes vulnérables, tels que
les enfants et les travailleurs domestiques. Les représentants de l’Afrique du Sud, de
l’Union européenne, du Brésil et de la Belgique exposent les mesures prises dans leurs
pays respectifs pour lutter contre le racisme et la discrimination raciale. Les
participants issus de la soci��té civile expriment leurs inquiétudes face aux décès de
personnes noires survenus pendant des garde à vue au Royaume-Uni de GrandeBretagne et d’Irlande du Nord, et se disent préoccupés par le racisme environnemental
dont sont victimes les Afro-Équatoriens.
18. La troisième table ronde s’est penchée sur les causes profondes du ra cisme
structurel, qui ont été examinées à travers le prisme des recours, des réparations, du
principe de responsabilité et de la justice. Ursula Doyle, professeure de droit à la
Northern Kentucky University, évoque l’incapacité des Nations Unies à combattr e les
lois et pratiques Jim Crow qui ont prévalu aux États-Unis entre 1877 et 1965. De cette
période, au cours de laquelle la législation américaine était en totale contradiction
avec les principes des droits de l’homme énoncés dans la Charte des Nations U nies,
on retiendra la ségrégation pratiquée dans les services publics, les obstacles à
l’expression du vote, les déplacements forcés, la spoliation de terres, la servitude pour
dettes, la location de prisonniers, l’interdiction du « vagabondage », les viols, les
actes de torture et le lynchage. L’intervenante explique qu’à l’évidence les organes
des Nations Unies n’ont rien fait pour appuyer les requêtes introduites par les Afro Américains. Bien que l’Assemblée générale, tout comme le Conseil de sécurité, l e
Conseil économique et social ainsi que la Cour internationale de Justice, soient
qualifiés pour s’élever contre les pratiques de discrimination et de ségrégation raciales
dont usent différents États – la preuve en est la réaction opposée par les Nations Unies
à l’apartheid en Afrique du Sud – ils se sont systématiquement abstenus d’exercer
leurs prérogatives pour condamner les lois et pratiques Jim Crow.
19. Le Coordinateur du projet « La Route de l’esclave : résistance, liberté,
héritage » de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la
culture, Tabue Nguma, analyse la question des réparations sous un angle historique.
Il explique que, si l’on veut réparer la négation de la condition humaine des personnes
d’origine africaine, de leur histoire et de leurs contributions aux progrès de
l’humanité, il faut commencer par rétablir, de manière objective et sans préjugés, la
réalité des faits tels qu’ils se sont déroulés des siècles durant. Il souligne également
qu’il est important de comprendre et d’admettre que les conséquences de l’esclavage
continuent de structurer le présent à travers le racisme. Le fait de mettre fin au racisme
structurel et d’offrir à chacun, quelle que soit sa couleur de peau, un traitement
équitable dans tous les domaines de la vie est donc une condition indispensable pour
« panser les plaies » du présent et pour s’engager collectivement vers un avenir
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