A/76/302 meilleur. Il ajoute que le racisme, qui s’exprime toujours par la haine, la violence, la destruction et l’injustice, touche tous les individus, et non pas seulement les Africains et les personnes d’origine africaine. Aussi, l’éradication du racisme s’impose -t-elle à nous tous dans un effort commun qui fasse de nous des êtres humains dignes. 20. La Présidente du Groupe de travail souligne, au cours du débat, que l’un des défauts majeurs du cadre juridique international est son incapacité à prendre en compte les intérêts des grandes minorités au sein d’un État, lorsque ces intérêts diffèrent de ceux de la majorité qu’il représente au plan international. Selon un membre du Groupe de travail, Michal Balcerzak, les recours et actions en réparation devraient être fondés sur le droit international, mais il se trouve que, pour tout ce qui touche à la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et au colonialisme, le cadre régissant les réparations de faits internationalement illicites imputables aux États est inadéquat. Rebondissant sur ce point, M me Doyle souligne la nécessité de mettre en place un nouveau cadre juridique international qui permettrait à la fois de faire le lien entre les réparations et les causes historiques profondes du racisme structurel et de lutter contre les violations des droits fondamentaux dont sont victimes les personnes d’ascendance africaine partout dans le monde. M. Nguma rappelle que la question des réparations qui est actuellement soulevée s’inscrit dans le prolongement des revendications exprimées par les Africains réduits en esclavage depuis l’abolition de cette pratique, et note à cet égard qu e les rapports de force qui caractérisaient le système esclavagiste continuent de dicter la façon dont les sociétés actuelles sont organisées. Il indique que le meurtre de George Floyd et les protestations mondiales qui s’en sont suivies pourraient déclenc her un changement structurel et souligne l’importance du soutien apporté par les Nations Unies à ce mouvement. 21. La quatrième table ronde a surtout été consacrée à l’analyse de la situation actuelle, au moment où l’on procède à l’examen à mi-parcours de la Décennie et où l’on célèbre le vingtième anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban. La Vice-Présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, Verene Shepherd, présente la recommandation générale n o 36 (2020) sur la prévention et l’élimination du recours au profilage racial par les représentants de la loi, adoptée le 24 novembre 2020. Elle constate que le profilage racial auquel ont recours les forces de l’ordre est régulièrement dénoncé par les groupes historiquement marginalisés, en particulier les personnes d’ascendance africaine, et rappelle que les organes conventionnels des Nations Unies ont recommandé à plusieurs reprises aux États parties de prendre des mesures pour mettre fin à cette pratique. Elle explique également que, par-delà son illicéité, le profilage racial est inefficace et contreproductif comme instrument général du respect de la loi et qu’il a des effets négatifs cumulatifs sur les individus et collectivités qui en sont victimes. Elle expose les points de la recommandation qui concernent plus spécifiquement les mesures législatives et de politique générale, l’éducation et la formation relatives aux droits de l’homme, les mesures liée s au recrutement, la police de proximité, les données ventilées, la responsabilité et l’intelligence artificielle. Elle relève en particulier qu’il devrait être enquêté efficacement sur les incidents de profilage racial qui sont le fait de représentants de la loi, dans le respect des normes internationales des droits de l’homme ; les responsables devraient être poursuivis et sanctionnés, et les victimes devraient être indemnisées. L’intervenante insiste sur le caractère innovant de la recommandation générale qui aborde, pour la première fois, les effets discriminatoires du profilage algorithmique et de la police prédictive. Elle s’inquiète de l’utilisation accrue par les forces de l’ordre des données massives, de l’intelligence artificielle, de la reconnaissance faciale et d’autres nouvelles technologies qui risquent d’aggraver les préjugés et pratiques discriminatoires que l’on connaît déjà. 8/26 21-11641

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