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Rapporteuse spéciale souligne qu’il importe de mettre en place des mécanismes
prévoyant la participation des personnes déplacées à ces processus, des cadres
juridiques et politiques favorisant les solutions durables au problème des
déplacements, et des mesures destinées à traiter les causes profondes de la violence
et des déplacements.
A.
Participation des personnes déplacées dans leur propre pays aux
processus de paix
19. Il est essentiel de placer la voix des personnes déplacées dans leur propre pays
et des autres victimes de violations des droits humains au centre de la consolidation
de la paix, les points de vue des personnes qui subissent directement les conséquences
du conflit étant fondamentales pour la recherche de solutions et d’une paix durables.
Pour garantir la légitimité du processus de paix et veiller à ce que les personnes
déplacées recommencent à faire confiance aux institutions publiques, il est aussi
important de reconnaître le statut de victime de violations des droits humains à ces
personnes, ainsi que de faire en sorte qu’elles se sentent pleinement associées au
processus de paix et y apportent une contribution significative.
20. Malheureusement, les parties prenantes à la paix impliquent rarement les
personnes déplacées dans leur propre pays dans les discussions relatives aux
violations des droits et aux voies de recours. Les contraintes politiques sont un
paramètre à prendre en compte et toute demande d’élargissement de la participation
faite par l’une ou l’autre des parties doit être considérée compte tenu des limites du
dialogue politique officiel 20, qui peuvent être un frein à la participation des personnes
déplacées aux négociations de haut niveau. Il arrive que les processus de paix soient
jugés trop sensibles et complexes pour que les victimes soient invitées à y prendre
part, ou qu’ils soient conçus de telle manière qu’il est difficile de les rendre
accessibles aux personnes déplacées dans leur pays. Le jargon juridique et les cadres
institutionnels formels peuvent rendre les processus de consolidation de la paix ardus
à appréhender pour les personnes déplacées, et celles-ci ne sont pas toujours en
possession des documents d’identité nécessaires pour faire valoir leurs droits en tant
que citoyennes ou citoyens. Les obstacles peuvent aussi être d’ordre géographique,
les possibilités de participation étant souvent limitées pour les personnes qui se
trouvent en dehors de la capitale, où ces processus se déroulent la plupart du temps.
21. Bien que les personnes déplacées confrontées à des formes de discrimination
croisée puissent être touchées de manière disproportionnée par les violations des
droits humains pendant les conflits, elles sont souvent encore moins bien représentées
que les autres dans le cadre de la consolidation de la paix. C’est notamment le cas des
femmes, malgré l’adoption de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les
femmes et la paix et la sécurité, et malgré les preuves de leur efficacité en tant
qu’actrices de la paix dans de nombreux contextes. Les personnes LGBTQ+ doivent
souvent faire face à une violence disproportionnée lors des conflits. Pourtant, les
violations qu’elles subissent sont pas suffisamment reconnues, les cas étant rarement
signalés et ces personnes étant exclues des processus de paix. Les minorités ethniques,
linguistiques et religieuses ainsi que les peuples autochtones et les paysans sont
également sous-représentés dans de nombreuses activités de consolidation de la paix
et leur participation peut être entravée par des obstacles supplémentaires, notamment
liés à la langue, à la situation géographique ou à la discrimination. Les personnes
âgées, les enfants et les jeunes peuvent être exclus quand il est considéré qu’ils ne
sont pas aptes à agir ou que leur point de vue compte peu. Les personnes handicapées
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Institute for Integrated Transitions, « Effective participation in political and peace negotiations »,
avril 2021.
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