A/HRC/56/48
s)
D’intervenir auprès des délinquants pour les stopper ou les empêcher de
commettre des infractions ; et de s’attaquer aux problèmes systémiques et structurels
qui continuent d’engendrer une vulnérabilité par rapport à l’exploitation de la
prostitution et de la traite ;
t)
De collaborer avec les médias pour traiter les questions de prostitution en
tenant compte des besoins des victimes, en faisant porter la responsabilité aux auteurs,
en luttant contre la stigmatisation et en encourageant le respect de la dignité et de
l’humanité des femmes et des filles prostituées ;
u)
De promouvoir l’éducation aux droits de l’homme, l’éducation sexuelle et
l’éducation à l’égalité des sexes à l’école, en inculquant notamment des principes de
respect mutuel et de relations sexuelles saines ; et de mener des campagnes efficaces sur
les conséquences néfastes pour tous de la prostitution, ainsi que sur les dangers de la
sollicitation et du recrutement des femmes et des filles ;
v)
De promouvoir le droit des victimes/survivantes à la liberté de réunion et
d’association et de veiller à ce que les organisations de première ligne et les
organisations de survivantes reçoivent un financement et un soutien suffisants,
prévisibles et durables, soient protégées contre la diffamation et soient invitées à
participer aux débats de politique générale à tous les niveaux ;
w)
De prendre acte du grand nombre de jeunes filles, en particulier issues de
milieux marginalisés, qui entrent dans la prostitution, et de mettre en œuvre des
initiatives leur offrant une alternative et favorisant l’éducation et l’autonomisation
économique ;
x)
De faire en sorte que les entreprises et les industries répondent du rôle
qu’elles jouent dans l’exploitation de la prostitution ; s’agissant du secteur de la
technologie, de fermer les sites web qui encouragent la traite et l’exploitation sexuelle
des femmes et de perturber le modèle économique des sites web faisant la publicité de
la prostitution ;
y)
D’enquêter séparément sur les causes de décès des prostitués transgenre
et d’analyser en quoi leur expérience est singulière ;
z)
De prêter attention aux entités qui tirent profit du système prostitutionnel
et pas seulement aux particuliers qui vendent ou qui achètent des actes sexuels.
56.
Les organismes des Nations Unies, les organes conventionnels et les procédures
spéciales du Conseil des droits de l’homme devraient adopter une approche de la
prostitution centrée sur les droits. Plus particulièrement, l’Organisation internationale
du Travail devrait établir un rapport sur la manière dont la prostitution est contraire
aux principes du travail décent, et l’Organisation mondiale de la Santé devrait mener
une étude sur les conséquences psychologiques et physiques de la prostitution au-delà
de la prévention du VIH/sida.
57.
En ce qui concerne la pornographie et les autres formes de prostitution facilitées
par les plateformes numériques, la Rapporteuse spéciale recommande aux États :
a)
D’adopter des réglementations qui ciblent de manière exhaustive les
contenus pornographiques et criminalisent expressément la possession, la production
et l’hébergement de matériels qui portent atteinte au droit à la vie et à la dignité et
constituent des actes de torture ou des traitements inhumains ou dégradants ; d’adopter
des dispositions de droit international pour abolir la pornographie et sa consommation ;
de veiller à la suppression immédiate des images sexuelles de mineurs et de la
pornographie facilitée par le numérique susceptible d’être accessible de quelque
manière que ce soit à des mineurs ; et de faire respecter ces dispositions dans l’ensemble
du secteur ;
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