A/HRC/56/48
été liée au quadruplement du nombre de victimes mineures d’infractions sexuelles au cours
de la dernière décennie, ces victimes étant principalement des filles.
2.
Exacerbation du racisme
22.
On observe souvent que les femmes qui se prostituent dans les pays riches
appartiennent de façon disproportionnée à des groupes ethniques minoritaires, les acheteurs
d’actes sexuels étant quant à eux issus de groupes majoritaires, ce qui accentue la dynamique
raciste en œuvre. Aux États-Unis, par exemple, les femmes et filles noires, latinos et
autochtones sont surreprésentées dans le système prostitutionnel, et les hommes blancs
surreprésentés parmi les acheteurs d’actes sexuels94. On constate souvent que les acheteurs
d’actes sexuels ont une représentation fétichisée et empreinte de stéréotypes racistes des
femmes en situation de prostitution et qu’ils choisissent les prostituées en fonction de ces
critères. Que des femmes et filles issues de certaines minorités et peuples autochtones
victimes de discrimination s’adonnent à la prostitution est considéré comme un fait normal
qui fait « partie de leur culture »95 et de leur mode de vie. Les femmes et filles prostituées
appartenant à certaines minorités raciales ou ethniques sont fréquemment déshumanisées et
soumises à des préjugés sociaux et culturels et à des insultes. La prostitution donne aussi libre
cours à la sexualisation du racisme contre certains groupes ethniques ou raciaux.
3.
Atteinte à l’égalité des femmes et des filles et à leur participation à la vie sociale
23.
Quand la prostitution est normalisée et fondamentalement basée sur l’inégalité des
sexes, les femmes ne peuvent pas participer à la vie sociale sur un pied d’égalité avec les
hommes96. Dans le système prostitutionnel, les femmes représentent presque exclusivement
« l’offre » et les hommes presque exclusivement la demande. La prostitution est donc
porteuse d’une vision foncièrement archaïque et sexiste du rôle des femmes et des relations
entre les sexes, les femmes étant réduites à des réceptacles pour les « besoins » sexuels des
hommes ; à ce titre, il existe également une forte corrélation entre le recours des hommes à
la prostitution et le viol97. L’existence et la normalisation de la prostitution sont en outre un
obstacle rédhibitoire pour une sexualité fondée sur l’égalité.
24.
Les plateformes numériques facilitant la pornographie, comme Pornhub, normalisent
et encouragent la domination masculine sur les femmes et confortent les rôles sexuels
patriarcaux. Une étude récente montre que 98 % des vidéos deepfake en ligne sont de
caractère pornographique et que 99 % des personnes ciblées sont des femmes ou des filles98.
Beaucoup de femmes et de filles sont mal à l’aise avec la pornographie et sont troublées
d’être réduites à un objet pornographique et sexuel99. Alors que les hommes et les garçons
n’ont pas de problème pour consommer de la pornographie, les filles se sentent obligées de
s’y soumettre et ont souvent le sentiment qu’il leur faut remodeler leur corps en recourant à
la chirurgie esthétique pour correspondre aux canons lucratifs de la pornographie100. Les
jeunes femmes sont préparées à devenir des objets d’autoexploitation sexuelle101. Le paysage
visuel « pornifié » les endoctrine dans un état d’esprit patriarcal selon lequel la seule façon
d’être visible − en fait d’être valable − est d’être sexuellement désirée, « sexy » et
« pornifiée » 102 . Les médias et certaines universités ont beaucoup fait pour rendre la
prostitution séduisante et renforcé l’objectification des femmes et des filles103.
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GE.24-08177
Voir, par exemple, Rights4Girls, « Racial and Gender Disparities in the Sex Trade », 2024.
Communication d’Asociația eLiberare.
Catharine A. MacKinnon, « Trafficking, Prostitution, and Inequality », 2011.
PNUD, UN Multi-Country Study on Men and Violence in Asia and the Pacific, 2013.
Voir https://www.homesecurityheroes.com/state-of-deepfakes/.
Miranda A. H. Horvath et al., Office of the Children’s Commissioner, 30 avril 2013.
Communication conjointe d’Alyson Dearborn et al.
A. P. Ruiz, « La creciente explotación de niñas y niños en medios digitales », La Jornada, 2023.
Communication de Culture Reframed.
Communication conjointe d’Autonomous Women’s Centre et al.
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