A/RES/73/171
Le droit à l’alimentation
Rappelant qu’à sa soixante-dixième session, la décennie 2016-2025 a été
proclamée Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition, et soulignant que
cette Décennie offre l’occasion de conjuguer les initiatives et les efforts engagés pour
éliminer la faim et prévenir toutes les formes de malnutrition,
Saluant les travaux menés par l’Équipe spéciale de haut niveau sur la sécurité
alimentaire et nutritionnelle mondiale créée par le Secrétaire général, et encourageant
celui-ci à poursuivre les efforts qu’il ne cesse de déployer dans ce domaine,
notamment sa collaboration active avec les États iembres et le Rapporteur spécial
du Conseil des droits de l’homme sur le droit à l’alimentation,
1.
Réaffirme que la faim est un scandale et une atteinte à la dignité humaine
et que son élimination exige l’adoption d’urgence de mesures nationales, régionales
et internationales ;
2.
Réaffirme le droit qu’a chacun d’avoir accès à des aliments sains et
nutritifs en quantité suffisante, eu égard au droit à une ali mentation adéquate et au
droit fondamental de chacun d’être à l’abri de la faim, de manière à pouvoir
développer et conserver pleinement ses capacités physiques et mentales ;
3.
Juge intolérable que, d’après les estimations du Fonds des Nations Unies
pour l’enfance, jusqu’à 45 pour cent des enfants qui meurent chaque année avant l’âge
de 5 ans succombent à la dénutrition ou à des maladies liées à la faim et que, selon
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le nombre de
personnes dans le monde souffrant de sous-alimentation ou de malnutrition chronique
est passé d’environ 804 millions en 2016 à près de 821 millions en 2017 ;
4.
Se dit préoccupée par le fait que les effets de la crise alimentaire mondiale
continuent d’avoir de lourdes conséquences, aggravées par la crise financière et
économique mondiale, sur les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables, en
particulier dans les pays en développement, et par les effets spécifiques de la crise sur
bon nombre de pays importateurs nets de produits alimentaires, en particulier les pays
les moins avancés ;
5.
Constate avec une profonde préoccupation que, selon le rapport de 2018
de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture intitulé L’état
de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, un nombre inacceptable
de personnes souffrent de la faim, la grande majorité d ’entre elles vivent dans des
pays en développement et le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde a
augmenté depuis 2016 pour atteindre environ 821 millions en 2017 ;
6.
Constate également avec une profonde préoccupation qu’alors qu’elles
contribuent pour plus de 50 pour cent à la production aliment aire mondiale, les
femmes représentent à l’échelle mondiale 70 pour cent des personnes qui ont faim,
que les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par la faim,
l’insécurité alimentaire et la pauvreté, en partie à cause des inégalit és entre les sexes
et de la discrimination sexiste, que dans de nombreux pays les filles risquent deux
fois plus que les garçons de mourir de malnutrition et de maladies infantiles évitables
et que, d’après les estimations, la malnutrition touche près de d eux fois plus de
femmes que d’hommes ;
7.
Encourage tous les États à tenir compte de la problématique femmeshommes dans les programmes de sécurité alimentaire et à prendre des mesures pour
s’attaquer de jure et de facto aux inégalités entre les sexes et à la discrimination à
l’égard des femmes, en particulier lorsque ces facteurs contribuent à la malnutrition
des femmes et des filles, en vue notamment d’assurer la pleine jouissance du droit à
l’alimentation dans des conditions d’égalité et de garantir aux femmes un accès égal
aux ressources, notamment aux revenus, à la terre et à l’eau, à la propriété de ces
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