A/RES/58/137
Condamnant la traite des personnes comme forme moderne odieuse
d’esclavage et comme pratique contraire aux droits universels de l’être humain,
Réprouvant que des êtres humains soient traités comme des marchandises,
troquées, achetées ou vendues par des trafiquants, en particulier des exploiteurs,
Vivement préoccupée par le fait que des groupes criminels organisés
transnationaux se livrent, dans le monde entier, à la traite de personnes en vue de les
soumettre à toutes sortes d’exploitation et que ces groupes sont souvent impliqués
dans d’autres formes d’activité illicite comme le trafic d’armes à feu, le blanchiment
d’argent, le trafic de drogues et la corruption,
Profondément alarmée par le fait que la traite des personnes constitue un
commerce lucratif en plein essor dans la plupart des régions du monde et se trouve
aggravée notamment par la pauvreté, les conflits armés, des conditions économiques
et sociales défavorables et la demande sur les marchés illicites du travail et du sexe,
Constatant avec consternation que des réseaux criminels parviennent à
échapper au châtiment tout en profitant des points faibles de leurs victimes,
Prenant note des différences et des interactions entre les deux comportements
coupables que constituent le fait de se livrer à la traite des personnes, définie dans le
Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité
transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes,
en particulier des femmes et des enfants, et celui de se livrer au trafic de migrants,
défini dans le Protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer,
additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale
organisée 8,
Convaincue qu’une large coopération internationale concertée entre tous les
États Membres, qui repose sur une approche pluridisciplinaire, équilibrée et globale
et comprenne une assistance technique adéquate, s’impose d’urgence pour prévenir
et combattre la traite des personnes,
Convaincue également que la société civile, y compris les organisations non
gouvernementales, peut contribuer à réduire les risques actuels et futurs de
victimisation par des trafiquants et aider les gouvernements à promouvoir la
protection des victimes en leur accordant une aide sociale et économique appropriée
et non dévalorisante, dans tous les domaines voulus, notamment la santé,
l’éducation, le logement et l’emploi,
Saluant les efforts faits par les États Membres, en particulier les pays
d’origine, de transit et de destination, pour faire prendre conscience à la société
civile de la gravité de l’infraction que constitue la traite sous ses diverses formes et
du rôle que le public peut jouer dans la prévention de la victimisation et l’assistance
aux victimes de la traite,
Prenant note du débat thématique que la Commission pour la prévention du
crime et la justice pénale a consacré, à sa douzième session, à la traite des êtres
humains, en particulier des femmes et des enfants,
1.
Prie instamment les États Membres d’adopter une démarche globale pour
lutter contre la traite des personnes, en prévoyant des activités de répression et, le
cas échéant, la confiscation et la saisie du produit de la traite, la protection des
_______________
8
2
Ibid., annexe III.
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