A/HRC/RES/58/1 Accueillant avec satisfaction les comptes rendus oraux, les comptes rendus oraux intermédiaires et les rapports détaillés sur la situation des droits de l’homme au Nicaragua que le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme lui a présentés depuis sa quarante et unième session, ainsi que les rapports et les documents de séance que le Groupe d’experts des droits de l’homme sur le Nicaragua lui a soumis, et se déclarant profondément alarmé par le fait que le Groupe d’experts a de nouveau considéré qu’il existait des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l’humanité avaient été commis au Nicaragua depuis 2018 et continuaient d’y être commis, notamment des homicides, des actes de torture, des viols et d’autres formes de violence sexuelle de gravité comparable, des persécutions, des emprisonnements et des expulsions, S’inquiétant vivement de la centralisation totale du pouvoir étatique dans les mains de l’exécutif et la situation de monopole correspondante, de la crise que le Nicaragua connaît, tant sur le plan sociopolitique que dans le domaine des droits de l’homme, et du démantèlement de l’état de droit, de l’indépendance du pouvoir judiciaire et de la séparation des pouvoirs, qui découlent notamment des modifications apportées récemment à plus de 100 articles de la Constitution et entrées en vigueur en février 2025, en vertu desquelles les nouveaux « organes » législatifs, judiciaires, électoraux, régionaux et municipaux ainsi que les organes de contrôle et de surveillance sont placés sous le contrôle direct des coprésidents désignés − une fonction nouvellement créée −, ces modifications ayant des répercussions multidimensionnelles sur la jouissance des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels et entraînant la suppression du respect de la dignité humaine, de l’interdiction de la torture et du droit de grève, des restrictions à la liberté d’expression et de la presse et l’affaiblissement des garanties procédurales judiciaires, Se déclarant préoccupé par le refus continu du Nicaragua de coopérer avec les mécanismes internationaux et régionaux des droits de l’homme, en particulier le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et son bureau régional en Amérique centrale, avec le Groupe d’experts des droits de l’homme sur le Nicaragua et avec les titulaires de mandat au titre de ses procédures spéciales, et rappelant que ce refus continue de causer des lacunes en matière de protection dans le pays, Se déclarant vivement préoccupé par la décision du Nicaragua de se retirer du Conseil des droits de l’homme et de toutes les activités liées à ce dernier et à ses mécanismes, Se déclarant également vivement préoccupé par la décision qu’a prise le Nicaragua, en février 2025, de se retirer de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, de l’Organisation internationale pour les migrations et de l’Organisation internationale du Travail, Se déclarant gravement préoccupé par le mépris constant du Nicaragua à l’égard de ses obligations internationales en matière de droits de l’homme, notamment par son incapacité à dialoguer avec les organes conventionnels compétents et à leur soumettre des rapports périodiques, qui s’est traduite dernièrement par le refus de coopérer avec le Comité des droits des personnes handicapées et le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, et même par la remise en question de la légitimité du système des organes conventionnels dans son ensemble, Se déclarant préoccupé par la décision du Nicaragua de dénoncer la Charte de l’Organisation des États américains et rappelant que le Nicaragua est lié par les obligations que lui imposent la Convention américaine relative aux droits de l’homme, la Convention interaméricaine pour la prévention et la répression de la torture et la Convention interaméricaine pour la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre la femme (Convention de Belém do Pará), Notant que l’Examen périodique universel concernant le Nicaragua, pour lequel celui-ci avait soumis son rapport national1 en août 2024, a été lancé en novembre 2024 et que le Nicaragua n’a pas présenté, dans le délai fixé par le secrétariat de l’Examen, d’additif dans lequel il prenait position sur les recommandations faites au cours de l’Examen, 1 2 A/HRC/WG.6/47/NIC/1. GE.25-06133

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