A/HRC/RES/52/2
meurtres liés au genre, y compris de féminicides, et des violences sexuelles et fondées sur le
genre dont sont victimes les détenus et ceux qui leur rendent visite ;
2.
Se déclare préoccupé par le rétrécissement continu de l’espace civique et
démocratique et par la répression de la dissidence au Nicaragua, notamment par
l’intimidation, le harcèlement et la surveillance illégale ou arbitraire auxquels sont soumis
les défenseurs des droits de l’homme, en particulier les femmes, les autochtones et les
personnes d’ascendance africaine qui œuvrent à la protection de ces droits, ainsi que ceux
qui s’occupent de questions environnementales et que l’on appelle défenseurs des droits
environnementaux, les chefs communautaires et religieux, les journalistes et autres
professionnels des médias, les paysans, les étudiants et les victimes de violations des droits
de l’homme et d’atteintes à ces droits et les membres de leur famille, ainsi que les personnes
qui expriment des opinions critiques à l’égard des autorités, et exhorte le Gouvernement à
condamner publiquement toute attaque et tout acte d’intimidation ou de harcèlement, de
violence sexuelle et fondée sur le genre et à veiller à ce que les auteurs de tels actes aient à
répondre de leurs actes, et à faire en sorte que les groupes de personnes susmentionnés
puissent exercer leurs activités, en ligne comme hors ligne, librement et en toute sécurité dans
un environnement favorable et sans craindre de persécution ou de représailles ;
3.
Se déclare profondément préoccupé par l’augmentation considérable du
nombre d’organisations de la société civile, d’universités et de médias indépendants,
notamment celles et ceux qui travaillent avec des groupes vulnérables tels que les peuples
autochtones, les personnes d’ascendance africaine, les femmes, les enfants et les adolescents,
qui sont forcés de cesser leurs activités du fait de contraintes administratives et financières
injustifiées découlant des réformes législatives adoptées depuis 2018, ainsi que par
l’annulation arbitraire de l’enregistrement de ces organisations et médias auprès des autorités
et par les effets que cette situation a sur la surveillance indépendante du respect des droits de
l’homme et la jouissance de ces droits, en ligne et hors ligne, en particulier les droits à la
liberté d’opinion, d’expression, d’association et de réunion pacifique, et le droit à la vie
privée et à l’éducation garantis par les articles 12, 19, 20 et 26 de la Déclaration universelle
des droits de l’homme, les articles 17, 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils
et politiques et l’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels, et exhorte le Gouvernement nicaraguayen à enregistrer à nouveau les organisations
de la société civile, les universités et les médias indépendants dont l’enregistrement a été
annulé depuis 2018, à rétablir l’indépendance et la liberté académique des universités privées
qui ont été placées sous le contrôle des autorités et celles des universités publiques qui ont
été privées de leur autonomie, à restituer les actifs arbitrairement saisis, y compris les biens
confisqués, et à leur permettre de poursuivre leurs activités sans subir quelque type
d’intimidation, de menace ou de représailles que ce soit ;
4.
Engage vivement le Gouvernement nicaraguayen à autoriser les manifestations
publiques pacifiques et à en faciliter la tenue, et à abroger ou modifier toute loi restreignant
indûment les droits de l’homme, notamment les droits à la liberté d’opinion et d’expression,
y compris la liberté de rechercher, recevoir et répandre des informations, la liberté de réunion
pacifique et d’association, le droit de prendre part à la conduite des affaires publiques, le droit
à une nationalité et le droit à la vie privée tels qu’ils sont reconnus par le droit international,
et susceptible d’empêcher les victimes de violations des droits de l’homme de jouir de leur
droit à un recours utile, de prolonger la durée pendant laquelle une personne peut être détenue
avant d’être mise en examen et d’incriminer l’expression d’opinions dissidentes ;
5.
Demande instamment aux autorités nicaraguayennes de cesser immédiatement
de recourir à l’arrestation et à la détention arbitraires, aux menaces et autres formes
d’intimidation ou aux mesures de substitution à la détention pour réprimer la dissidence, de
libérer immédiatement et sans conditions tous les prisonniers politiques et toutes les
personnes détenues illégalement, arbitrairement ou injustement, ainsi que celles qui ont été
poursuivies en vertu de lois pénales ambiguës ou de lois restreignant arbitrairement les droits
civils et politiques de la population nicaraguayenne, d’annuler leurs condamnations et
d’abandonner les accusations retenues contre elles, de respecter les garanties d’un procès
équitable et d’une procédure régulière, de veiller à ce que les conditions de détention soient
conformes aux obligations applicables en matière de droits de l’homme et aux normes telles
que l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (règles
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