Mariages d’enfants, mariages précoces et mariages forcés
A/RES/79/158
d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés, d’une part, et l’insécurité
économique, la pauvreté et le manque de possibilités d’obtenir des revenus, de l’autre,
et considérant que la communauté internationale doit continuer d’avoir comme
principale priorité l’atténuation immédiate et l’élimination de l’extrême pauvreté,
Consciente qu’il est fait peu de cas des mariages d’enfants, des mariages
précoces et des mariages forcés, qu’ils sont rarement dénoncés et que les responsables
sont rarement appelés à rendre des comptes et rarement punis, en particulier au niveau
local, et que la persistance de tels mariages fait courir aux femmes et aux filles un
plus grand risque d’être exposées à diverses formes de discrimination et de violence
ou d’en être la cible tout au long de leur vie, y compris le viol conjugal et les violences
sexuelles, physiques et psychologiques, et conforte le statut subalterne des filles et
des adolescentes dans la société,
Constatant que les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages
forcés nuisent grandement à l’autonomisation économique des femmes et à leur
développement socioéconomique, notamment parce que les femmes et les filles
assument une part disproportionnée des soins et travaux domestiques non rémunérés,
ce qui limite leur aptitude à entrer, progresser et rester sur le marché du travail, et que
ces pratiques néfastes peuvent entraver l’indépendance économique des femmes et
avoir des coûts directs et indirects à court et à long terme pour la société, et notant
que lorsqu’elles jouissent d’une autonomie économique, les femmes sont davantage
en mesure de mettre fin à une relation abusive ou violente,
Considérant que les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages
forcés empêchent les femmes et les filles d’être autonomes et de prendre des décisions
touchant à tous les aspects de leur vie, et que l’autonomisation de l’ensemble des
femmes et des filles et les investissements en leur faveur, ainsi que le renforcement
de leurs moyens d’expression et d’action, de leur place dans l’exercice des
responsabilités et de leur participation pleine et véritable à l’ensemble des décisions
qui les concernent, sont cruciaux si l’on veut briser le cycle de l’inégalité de genre et
des formes multiples et croisées de discrimination, de la violence et de la pauvreté, et
sont essentiels, notamment, au développement durable, à la paix, à la sécurité, à la
démocratie et à une croissance économique inclusive,
Sachant que l’enregistrement des faits d’état civil et les statistiques de l’état
civil, notamment concernant les naissances, les décès et les mariages, sont
indispensables à la réalisation des droits humains des personnes, en particulier des
filles, rappelant que la garantie d’une identité juridique à tous, notamment grâce à
l’enregistrement des naissances, constitue la cible 16.9 énoncée dans le Programme
de développement durable à l’horizon 2030 et considérant que la pleine réalisation de
cette cible est primordiale pour arriver plus rapidement à prévenir, à combattre et à
éliminer les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés,
Considérant que les hommes et les garçons peuvent pâtir des mariages
d’enfants, des mariages précoces et des mariages forcés et profiter eux aussi de
l’égalité des genres et de l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles,
et qu’ils doivent être des partenaires et alliés stratégiques des femmes et des filles, en
aidant notamment celles qui sont exposées à des risques, et que la participation
effective des hommes et des garçons peut contribuer à l’élimination des normes
sociales discriminatoires qui perpétuent la violence sexuelle et fondée sur le genre et
les pratiques néfastes que sont les mariages d’enfants, les mariages précoces et les
mariages forcés, à la suppression de ces pratiques et à la réalisation de l’égalité des
genres et de l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles et du plein
exercice, à égalité avec les autres, de tous leurs droits humains,
Considérant également que les familles, les populations locales, les dignitaires
religieux, les chefs traditionnels et les responsables locaux ont un rôle essentiel à
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