A/HRC/RES/50/19
peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et aux violences sexuelles et fondées
sur le genre ;
7.
Condamne aussi fermement le fait que des dizaines de milliers de personnes
ont été tuées alors qu’elles étaient sous la garde des autorités syriennes et que, dans les centres
de détention, le viol et les violences sexuelles et fondées sur le genre ont été utilisés,
y compris à l’égard d’enfants, comme moyen de punir, d’humilier et d’inspirer la peur, et
exige, à cet égard, la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement ou
illégalement par le régime syrien ;
8.
Exige que la République arabe syrienne s’acquitte de sa responsabilité de
protéger sa population et de respecter et protéger les droits humains de toutes les personnes
relevant de sa juridiction, y compris les personnes en détention et leur famille, en particulier
celles qui risquent de subir des violences sexuelles et fondées sur le genre, d’une manière
compatible avec les obligations mises à sa charge par le droit international, y compris celles
qui concernent les femmes et les enfants, notamment au regard de la Convention sur
l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et de la Convention
relative aux droits de l’enfant ;
9.
Condamne les atteintes flagrantes et systématiques aux droits des femmes et
des enfants commises par les groupes terroristes et armés, dont l’EIIL (également appelé
Daech), en particulier les meurtres de femmes et de filles, les actes de violence sexuelle et
fondée sur le genre, y compris l’esclavage et l’exploitation et les atteintes sexuelles à l’égard
des femmes et des filles, et l’enrôlement, l’utilisation et l’enlèvement d’enfants ;
10.
Se déclare vivement préoccupé par les effets disproportionnés de la situation
humanitaire désastreuse sur les femmes et les enfants dans toutes les régions de la République
arabe syrienne, réaffirme qu’il faut permettre un accès humanitaire complet, sûr et sans
entrave, et demande le renouvellement du mécanisme transfrontière par le Conseil de sécurité
dans ses résolutions de juillet 2022 ;
11.
Demande que tout soit mis en œuvre pour que les personnes qui ont subi les
conséquences de tels actes aient accès à la justice, notamment pour qu’elles obtiennent
réparation et que les responsabilités soient établies, et exhorte toutes les parties au conflit à
respecter et à protéger la pleine jouissance par les femmes et les enfants de leurs droits
humains et à tenir compte des recommandations formulées par la Commission d’enquête ;
12.
Réaffirme qu’il faut mettre fin aux situations d’impunité en veillant à ce que
les auteurs d’infractions à caractère sexuel et fondées sur le genre soient poursuivis en
application du droit national et international, souligne qu’il faut traduire les auteurs présumés
de ces infractions devant la justice nationale ou, s’il y a lieu, la justice internationale, et
reconnaît à cet égard le rôle du Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de
faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en
République arabe syrienne depuis mars 2011 et d’aider à juger les personnes qui en sont
responsables, ainsi que de la Cour pénale internationale ;
13.
Se félicite des progrès accomplis en matière d’établissement des
responsabilités et, à cet égard, du jugement rendu en janvier 2022 par un tribunal régional
supérieur en Allemagne, déclarant un ancien directeur des services de renseignement syriens
coupable de crimes contre l’humanité, notamment de viols et d’atteintes sexuelles, et souligne
l’importance de ce verdict et des autres procédures engagées en vertu du principe de la
compétence universelle pour faire la lumière sur la vérité et traduire les auteurs en justice,
ainsi que de l’initiative conjointe du Canada et des Pays-Bas visant à amener la République
arabe syrienne à rendre des comptes pour la violation des obligations mises à sa charge par
la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants ;
14.
Considère qu’il faut adopter une approche coordonnée et efficace centrée sur
les victimes pour prévenir ces violences et atteintes et y répondre, demande qu’un accès
immédiat à des services tels que les soins de santé et l’aide psychosociale soit fourni à toutes
les victimes, sans discrimination, et souligne qu’il faut mettre en place des mesures efficaces
tenant compte des questions de genre pour assurer la sécurité, la confidentialité, le respect de
la vie privée et une protection plus large des victimes et des témoins de violences sexuelles
dans le cadre des processus d’établissement des responsabilités ;
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GE.22-11092