A/HRC/42/59
travail, de présenter des données, analogues aux siennes, aux parties intéressées. M. Reid a
dit que les données provenaient essentiellement de trois pays des Caraïbes : la Dominique,
la Jamaïque et Trinité-et-Tobago. M. Balcerzak a demandé à M. Freire si l’on pouvait
considérer que l’Amérique latine était la région idéale pour la collecte de données sur les
personnes d’ascendance africaine. M. Freire a répondu que l’on disposait de beaucoup de
données provenant de la région Amérique latine et Caraïbes, mais il a souligné que les
variables concernant l’identité changeaient souvent d’une année sur l’autre, les
recensements étant volontaires et fondés sur l’auto-identification. Le représentant de
l’Uruguay a exprimé la volonté de son pays de combler les lacunes et d’améliorer les
indicateurs socioéconomiques dans le cadre des efforts déployés pour mettre en œuvre le
Programme 2030. Le représentant du Brésil a déclaré que son pays était déterminé à
recueillir des données agrégées et ventilées sur les personnes d’ascendance africaine.
32.
La troisième réunion-débat a porté sur la situation des droits de l’homme en Europe.
M. Balcerzak a fait un exposé sur le manque de données concernant les personnes
d’ascendance africaine sur le continent européen. En raison des injustices historiques
commises par les gouvernements européens totalitaires du passé, il était difficile pour de
nombreux États européens de collecter volontairement des données sur les groupes
ethniques ou raciaux. Mais ce manque de données contribuait à l’invisibilité des personnes
d’ascendance africaine, ce qui accroissait le risque d’injustice et de discrimination raciales
et désavantageait ces personnes dans l’exercice de leurs droits fondamentaux. Ayant
examiné plusieurs pays de l’Union européenne et leur manque constant de collecte de
données, M. Balcerzak a mis en lumière le cas du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et
d’Irlande du Nord qui appliquait une politique de collecte de données fondée sur l’autoidentification ethnique et raciale. Ces données ventilées permettaient au Royaume-Uni
d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques propres à résoudre divers problèmes ainsi
mis en évidence.
33.
Le deuxième intervenant, Marcus Bell, Directeur de la Race Disparity Unit du
Cabinet Office, a reconnu que le Royaume-Uni recueillait en effet une grande quantité de
données sur les minorités ethniques et raciales présentes sur son territoire, mais il a
également admis que ces données n’étaient pas pleinement utilisées. Le Royaume-Uni avait
donc lancé un audit sur la disparité entre les races en vue de mettre au jour les vérités
inconfortables à ce sujet. L’une des principales conclusions de cet audit avait été que les
minorités ethniques étaient moins bien loties que les Blancs au Royaume-Uni. Les données
recueillies avaient également montré que d’autres facteurs, tels que la situation
géographique, pouvaient jouer un rôle dans les disparités qui touchaient les minorités. Il
arrivait que les personnes d’ascendance africaine vivent très mal quelque part et très bien
ailleurs. La collecte de données avait abouti à des changements de politique dans le
domaine du travail et de la lutte contre les écarts de rémunération et les disparités dans le
système pénitentiaire.
34.
Rossalina Latcheva, de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, a
présenté le rapport de l’Agence intitulé Being Black in the EU. Des obstacles fondamentaux
entravaient l’obtention de données raciales ou ethniques sur les personnes d’ascendance
africaine dans l’Union européenne. Dans le même temps, les données sur les personnes
d’ascendance africaine de première et deuxième générations montraient que ces personnes
ressentaient une forte discrimination fondée essentiellement sur la couleur de leur peau. Il
ressortait également des données que les personnes d’ascendance africaine étaient plus
susceptibles de signaler des actes de discrimination lorsqu’elles restaient plus longtemps
dans un pays ou lorsqu’elles avaient un niveau d’éducation supérieur. L’une des principales
raisons pour lesquelles les actes de discrimination raciale n’étaient pas signalés était l’idée
qu’aucune mesure ne serait prise contre leurs auteurs. Autre constatation importante : le
taux d’accession à la propriété des personnes d’ascendance africaine était nettement
inférieur à la moyenne.
35.
La dernière intervenante, Lilla Farkas, analyste principale des politiques juridiques
au sein du Groupe chargé de la politique migratoire, a fait le point sur la collecte de
données dans le contexte européen. La Commission européenne contre le racisme et
l’intolérance, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et plusieurs
institutions s’occupant de questions similaires avaient entrepris des recherches sur l’égalité
GE.19-13932
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