Situation relative aux droits humains
en République populaire démocratique de Corée
A/RES/79/181
1.
Condamne dans les termes les plus vigoureux les violations systématiques,
généralisées et flagrantes des droits humains commises depuis longtemps et encore
aujourd’hui en République populaire démocratique de Corée et par la République
populaire démocratique de Corée, y compris celles dont la Commis sion d’enquête sur
la situation des droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée,
créée par le Conseil des droits de l’homme dans sa résolution 22/13 du 21 mars 2013 16,
considère qu’elles peuvent constituer des crimes contre l’humanité, et celles relevées
par le oroupe d’experts indépendants sur l’établissement des responsabilités pour les
violations des droits de l’homme en République démocratique populaire de Corée 17,
créé par la résolution 31/18 du Conseil, en date du 23 mars 2016 18, et par le HautCommissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, y compris son antenne à
Séoul, dans le cadre de ses activités continues de surveillance et de collecte
d’informations, et l’impunité dont les auteurs de ces violations continuent de jou ir ;
2.
Se déclare très gravement préoccupée par :
a)
la persistance d’informations faisant état de violations des droits humains,
dont les conclusions détaillées présentées par la Commission d’enquête dans son
rapport, par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme dans le
cadre de ses activités continues de surveillance et de collecte d’informations et par la
Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme en République populaire
démocratique de Corée et notamment :
i)
la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants, y compris les conditions inhumaines de détention ; toutes les formes
de violence sexuelle et fondée sur le genre, notamment les viols, en particulier
celles commises contre les femmes et les filles ; les exécutions extrajudiciaires,
sommaires et arbitraires ; l’imposition de la peine de mort pour des motifs
politiques et religieux ; les exécutions publiques ; les détentions extrajudiciaires
et arbitraires ; l’absence de garanties d’un procès équitable et d’état de droit,
s’agissant notamment de l’indépendance de la magistrature ; les châtiments
collectifs qui peuvent s’étendre à trois générations ; le recours très fréquent au
travail forcé, y compris celui des enfants ;
ii) l’existence d’un vaste système pénitentiaire comprenant des camps de
prisonniers politiques, des camps de rééducation, des camps de redressement
par le travail, des centres de redressement par le travail, des centres de détention,
des centres de rétention et des salles d’attente, où de très nombreuses personnes
sont privées de leur liberté et vivent dans des conditions indignes, où elles sont
notamment soumises au travail forcé, et où des violations alarmantes des droits
humains sont commises ;
iii) les disparitions forcées et involontaires de personnes arrêtées, détenues ou
enlevées contre leur gré ; le refus de révéler leur sort et leur localisation ; le
refus de reconnaître que ces personnes ont été privées de liberté, ce qui les
soustrait à la protection de la loi et cause à elles-mêmes et à leur famille de
graves souffrances ;
iv) les transferts forcés de population et les limitations imposées aux
personnes qui souhaitent circuler librement à l’intérieur du pays et voyager à
l’étranger, notamment les peines et châtiments infligés à ceux qui ont quitté ou
__________________
Voir Documents officiels de l’Assemblée générale, soixante-huitième session, Supplément n o 53
(A/68/53), chap. IV, sect. A.
17
Voir A/HRC/34/66/Add.1.
18
Voir Documents officiels de l’Assemblée générale, soixante et onzième session, Supplément n o 53
(A/71/53), chap. IV, sect. A.
16
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