A/HRC/56/54
Venezuela ont contribué aux recettes fiscales nationales à hauteur de 0,35 % en 2021, ce qui
s’est répercuté de manière positive sur l’économie29.
33.
Les envois de fonds, qui jouent un rôle fondamental dans l’économie des pays à
revenu faible ou intermédiaire, ont atteint 669 milliards de dollars en 2023, soit un montant
supérieur à l’investissement étranger direct et largement plus élevé que l’aide publique au
développement 30 . Si les innovations, notamment l’argent mobile, améliorent l’accès aux
services financiers et font baisser les coûts, l’accès reste inégal, surtout pour les femmes, et
des problèmes liés à la réglementation persistent31.
34.
Les migrants utilisent souvent leurs connaissances et leurs relations pour stimuler le
commerce et les affaires au niveau international. De plus, lorsqu’ils retournent dans leur pays
d’origine avec de nouvelles compétences et y promeuvent l’éducation, ils renforcent le
capital humain.
35.
Les obligations-diaspora permettent aux pays de financer des projets de
développement grâce aux fonds de leurs ressortissants qui se trouvent à l’étranger, de sorte
que les membres de la diaspora contribuent à la croissance économique dans leur pays
d’origine32. On peut citer à titre d’exemples le projet visant à augmenter la capacité des
migrants de contribuer au développement de l’Arménie, le fait que 23,5 % des Salvadoriens
des États-Unis d’Amérique investissent dans des entreprises dans leur pays d’origine33, et le
projet O-REMIT du bureau de l’OIM en Belgique et au Luxembourg, qui aide les diasporas
à investir dans leur pays d’origine en réduisant les coûts de transaction34.
IV.
Facteurs qui entravent la reconnaissance
des contributions des migrants
36.
Les discours négatifs sur la migration ne viennent pas de nulle part. S’il est vrai que,
tout au long de l’histoire, des personnalités politiques ont tenu des propos négatifs au sujet
des migrants, ces quarante dernières années, de nouveaux facteurs ont fait évoluer la manière
dont ceux-ci sont vus par la société. Autrefois considérés comme une force économique et
sociale positive, les migrants sont de plus en plus souvent vus comme un problème à résoudre
malgré les avantages que la migration continue d’apporter.
37.
C’est au lendemain de la guerre froide que des personnalités politiques ont commencé
à présenter la migration comme une menace pour la sécurité. La tendance s’est intensifiée
après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, lorsque beaucoup ont commencé à
associer les migrants, en particulier les migrants sans papiers, au terrorisme35. De nombreux
pays ont alors confié la gestion de l’immigration aux services de sécurité et réorienté les
budgets de l’armée et de la sécurité vers les contrôles aux frontières36. La priorité n’a plus été
d’intégrer les migrants en tant que force sociale et économique positive mais de contrôler la
migration, considérée comme une menace pour la sécurité.
38.
Parallèlement, de nombreux pays ont adopté des politiques migratoires de plus en plus
sélectives. Les mécanismes de sélection à points et autres systèmes similaires, qui
prédéterminent l’accès à la migration régulière et privilégient ceux qui ont un meilleur niveau
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GE.24-07075
Communication de la République dominicaine.
Dilip Ratha et al., « Leveraging Diaspora Finances for Private Capital Mobilization », Migration and
Development Brief no 39 (Washington, Banque mondiale, 2023), p. 1.
Voir Adrian Kitimbo, « Mobile money and financial inclusion of migrants in sub-Saharan Africa », in
Research Handbook on International Migration and Digital Technology, Marie McAuliffe, dir. publ.
(Cheltenham, Edward Elgar, 2021), et ONU-Femmes, « Migrant women and remittances: exploring
the data from selected countries » (2020).
McAuliffe, Kitimbo et Khadria, « Réflexion sur les contributions des migrants », p. 186.
Communications de l’Arménie et d’El Salvador.
Voir https://belgium.iom.int/o-remit.
Voir Demetrios G. Papademetriou, « The global struggle with illegal migration: no end in sight »,
Migration Information Source, 1er septembre 2005.
Voir Rodolfo Casillas, « The dark side of globalized migration: the rise and peak of criminal
networks – the case of Central Americans in Mexico », Globalizations, vol. 8, no 3 (2011).
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