A/HRC/RES/57/13
Vivement préoccupé par le fait que, selon le Rapport sur les objectifs de
développement durable 2024, en 2022, 2,2 milliards de personnes n’avaient toujours pas
d’eau potable gérée de façon sûre, 3,5 milliards de personnes n’avaient pas de dispositif
d’assainissement géré de façon sûre, 1,8 milliard de personnes n’avaient pas d’eau potable à
domicile, les femmes étant principalement responsables de la collecte de l’eau dans deux
ménages sur trois, et 2,3 milliards de personnes dans le monde n’avaient pas d’installations
élémentaires pour se laver les mains chez elles, alors que de telles installations sont un besoin
urgent s’agissant de prévenir la propagation des maladies infectieuses,
Vivement préoccupé également par le fait que l’absence d’installations
d’assainissement ou leur inadaptation et les graves lacunes caractérisant la gestion des eaux
et le traitement des eaux usées peuvent avoir une incidence négative sur l’approvisionnement
en eau et sur l’accès durable à l’eau potable, et que, selon le Rapport mondial des
Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau de 2021, 80 % des eaux usées dans
le monde seraient rejetées dans l’environnement sans avoir été traitées,
Considérant qu’un accès durable à des installations et services d’approvisionnement
en eau salubre, d’assainissement et d’hygiène est essentiel pour prévenir les maladies
infectieuses et que les personnes qui n’ont pas accès ou qui ont un accès insuffisant aux
installations de ce type courent un risque beaucoup plus élevé de contracter et de transmettre
des maladies,
Vivement préoccupé par le fait que les urgences sanitaires mondiales, telles que la
pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19), peuvent perpétuer et exacerber les
inégalités existantes et que les personnes exposées de manière disproportionnée sont
l’ensemble des femmes et filles ainsi que les personnes se trouvant dans des situations de
marginalisation et de vulnérabilité, et constatant la nécessité d’élargir, de toute urgence,
l’accès à des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement adéquats, y compris
pour la santé et l’hygiène menstruelles, et de garantir l’accès continu aux services existants
en la matière, y compris les services de santé sexuelle et reproductive,
Profondément alarmé de constater que ce sont les enfants qui sont le plus durement
touchés par les maladies hydriques, liées à l’assainissement et à l’hygiène, notant que la
diarrhée reste l’une des principales causes de décès chez les enfants de moins de 5 ans et
soulignant que les progrès en matière de réduction de la mortalité et de la morbidité infantiles
et des retards de croissance sont liés à l’accès universel et équitable des femmes et des enfants
à l’eau potable et à l’assainissement et que, dans les situations d’urgence et de crise d’ordre
humanitaire, les enfants sont ceux qui pâtissent le plus de l’interruption des services
d’approvisionnement en eau et d’assainissement,
Constatant avec une vive inquiétude que les personnes handicapées, en particulier les
femmes, les enfants et les personnes âgées, rencontrent souvent des obstacles pour ce qui est
d’accéder à des installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement accessibles et
adaptées à leurs besoins, ce qui met en péril leur capacité de vivre de façon indépendante et
de participer pleinement à tous les aspects de la vie, y compris l’éducation et l’emploi, et est
particulièrement inquiétant pour les personnes handicapées sans-abri ou dans les situations
d’urgence et de crise d’ordre humanitaire,
Conscient que, si les effets que les changements climatiques et les dommages causés
à l’environnement, y compris l’aggravation de la sécheresse et l’insécurité hydrique, ont sur
les droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement se font sentir dans le monde entier,
les conséquences sont particulièrement graves pour les personnes et les groupes qui se
trouvent déjà dans des situations de marginalisation et de vulnérabilité, comme les personnes
vivant dans des établissements informels, les personnes vivant dans de petits États insulaires,
les communautés rurales et locales et les personnes touchées par la désertification, la
dégradation des sols, la sécheresse, les inondations et le manque d’eau, et conscient
également que, du fait de leur nature et de leur situation particulière, les peuples autochtones
risquent d’être parmi les premiers à subir les effets directs des changements climatiques du
fait de leur dépendance à l’égard de l’environnement et des ressources naturelles, avec
lesquels ils ont des liens étroits,
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GE.24-18733