A/HRC/56/47 seraient également dus à l’absence de cadre juridique ou stratégique, au manque de coordination entre les institutions, aux lacunes institutionnelles et aux problèmes de gouvernance, aux capacités techniques limitées, qui ne permettent pas d’estimer les risques, et à l’absence de collaboration entre les autorités nationales et locales 55 . En Alaska, les villages autochtones de Newtok et de Nakapiak ont reçu chacun 25 millions de dollars dans le cadre du programme d’aide à la réinstallation des tribus mis en place aux États-Unis d’Amérique en 2021. Pourtant, cette somme ne représenterait qu’un quart du montant nécessaire à la réinstallation complète de leurs communautés56. 39. Lors d’une consultation en ligne, la Rapporteuse spéciale a été informée que certaines communautés, constatant qu’elles n’étaient plus en sécurité sur leur territoire, n’avaient eu d’autre choix que de déménager avant même que leur réinstallation ne débute. En Amérique latine, certains peuples autochtones qui avaient du mal à obtenir les autorisations et l’aide financière nécessaires à leur réinstallation ont finalement déménagé par leurs propres moyens. Les personnes qui ont été évacuées auraient, dans l’attente de leur réinstallation, vécu pendant de longues périodes dans des logements temporaires inadaptés, sans avoir accès à des infrastructures et à des services appropriés57. D’autres personnes, restées dans leur lieu de résidence d’origine, vivent dans des conditions de plus en plus précaires, face à une dégradation croissante de l’environnement. Par exemple, dans le golfe du Mexique, la population d’El Bosque, qui avait été déplacée après de violentes tempêtes et devait également être réinstallée à cause de l’érosion du littoral provoquée par les submersions marines et par l’élévation rapide du niveau de la mer, attend cette réinstallation depuis 2021. Selon une communication reçue, l’accès à l’électricité et aux médicaments n’est pas toujours garanti pour les sinistrés, qui ne peuvent donc pas conserver leurs aliments, les puits d’eau douce sont contaminés par de l’eau de mer en raison de l’élévation du niveau de la mer, et les dégâts causés aux écoles ne sont pas réparés, ce qui entrave l’accès des enfants à l’éducation et porte atteinte à leurs droits au logement, à la santé, à l’eau, à l’assainissement et à l’alimentation. Certains membres de la communauté ont construit des abris de fortune par leurs propres moyens, en y consacrant toutes leurs économies ou en s’endettant 58. En raison du retard pris dans la réinstallation et des déplacements subis, certains membres de la communauté ont sombré dans la détresse psychologique59. Droit à l’information, à la consultation et à la participation en temps utile 1. 40. Les communautés ne sont pas toujours consultées au sujet de la réinstallation. Aux Philippines, les communautés déplacées qui devaient être relogées après le passage du typhon Rai en 2021 et du typhon Nalgae en 2022 ont indiqué qu’elles n’avaient pas été consultées à propos de leur réinstallation et qu’elles avaient reçu peu d’informations sur les raisons qui justifiaient cette réinstallation et sur ses modalités d’organisation. À Sri Lanka, les autorités n’ont pas associé comme il se devait les communautés à la planification des processus de réinstallation, ce qui aurait suscité des espoirs irréalistes parmi les communautés déplacées après un glissement de terrain, qui vivent dans des abris temporaires dans l’attente de leur relogement 60 . Aux Fidji, les femmes du village de Narikoso n’auraient dans un premier temps pas été consultées au sujet de la conception des logements prévus dans le cadre de leur réinstallation. En revanche, lors de la réinstallation du village de Cogea, les besoins divers de la communauté ont fait l’objet d’une attention particulière, ce qui a permis de garantir aux femmes le respect de leur droit à la vie privée et à la sécurité, ainsi que l’installation de cuisines et de cheminées rurales culturellement adaptées 61. 55 56 57 58 59 60 61 GE.24-11873 Communications de Moreno and Fry et de l’International Centre for Climate Change and Development. Communication de l’Alaska Institute for Justice ; voir aussi Naho Kimura, Rose Lagrotte et Emily McFadyen, « Understanding the needs of indigenous communities and assessing risks when developing planned relocation in the Caribbean », Policy Brief Series (OIM, 2023). Gouvernement des Fidji, 10 avril 2024, courrier électronique. Communication de Moreno and Fry. Ibid. Communication de l’Asia-Pacific Academic Network on Disaster Displacement. Gouvernement des Fidji, 10 avril 2024, courrier électronique. Voir aussi la communication de Yee, Piggott-McKellar et McMichael. 11

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