A/HRC/46/39
colombien et d’autres acteurs, ont critiqué le récit des Forces armées révolutionnaires et ont
demandé aux anciens dirigeants de reconnaître pleinement leur responsabilité.
33. Au Mali, pendant la période considérée, l’ONU a continué d’appuyer les mesures
prises par la Commission Vérité, justice et réconciliation, créée en 2015, pour associer les
enfants au processus de justice transitionnelle et leur permettre de jouer le rôle de premier
plan qui leur revient dans les mécanismes qui recherchent la vérité, la justice et la
réconciliation. La première audience publique, qui portait notamment sur la violence à
l’égard des enfants, s’est tenue en décembre 2019 et servira de fondement à cinq audiences
subséquentes. Des organes de l’ONU ont organisé, à l’intention des représentants de la
Commission, des sessions de formation et de mentorat sur l’inclusion de la protection de
l’enfance dans les travaux de la Commission et sur la participation des adolescents à ceux-ci.
En février 2020, la Commission a organisé, à l’intention de l’unité d’enquête et du personnel
chargé de recueillir les déclarations des enfants, une séance de formation aux techniques
d’entretien adaptées aux enfants et aux méthodes d’évaluation de la vulnérabilité physique et
psychologique des enfants victimes.
34. Si des progrès ont été réalisés concernant l’inclusion des enfants dans les processus
de justice transitionnelle, les mesures prises pour établir les responsabilités restent centrées
sur les adultes et les violations qui touchent les enfants n’ont pas reçu l’attention particulière
qu’elles méritent. Afin d’appuyer les recherches menées concernant les carences en matière
d’établissement des responsabilités, des membres du Bureau de la Représentante spéciale ont
participé, en octobre 2020, à une table ronde en ligne sur les moyens de surmonter les
obstacles à la mise en cause des responsables de violations et de crimes touchant les enfants
en temps de conflit. La table ronde était organisée par Save the Children et l’Oxford Institute
for Ethics, Law and Armed Conflict (Blavatnik School of Governement) dans le cadre de
leurs recherches sur les facteurs qui empêchent d’enquêter efficacement sur les violations et
crimes touchant des enfants et de poursuivre les responsables, ainsi que sur les solutions
possibles.
IV.
Sensibilisation et mobilisation en faveur
d’une action mondiale
35. Tout au long de l’année 2020, la Représentante spéciale a continué d’intensifier ses
activités de sensibilisation et de mobilisation en faveur d’une action mondiale, notamment
en effectuant des visites sur le terrain et en participant à des manifestations de haut niveau,
en menant des campagnes de promotion, en recensant et en diffusant les pratiques optimales
et les enseignements tirés de l’expérience, en créant et en consolidant des alliances, et en
collaborant avec une multitude d’acteurs.
A.
Visites sur le terrain et manifestations de haut niveau
36. La Représentante spéciale et son bureau ont continué de saisir l’occasion de visites de
pays centrées sur la question des enfants et des conflits armés et de manifestations
internationales de haut niveau pour sensibiliser le public à la question des enfants touchés par
des conflits et plaider pour la protection de ces enfants. Depuis le début de la pandémie de
COVID-19, la Représentante spéciale a continué de s’acquitter de ses engagements partout
dans le monde, mais à distance, notamment en participant à des manifestations en ligne et en
diffusant des messages vidéo.
37. En janvier 2020, la Représentante spéciale s’est rendue au Myanmar, où elle s’est
entretenue avec des acteurs clefs, tels que la Conseillère d’État, le Ministre de la défense et
la Tatmadaw, pour donner un nouvel élan à la mise en œuvre du plan d’action adopté avec la
Tatmadaw concernant l’enrôlement et l’utilisation d’enfants, accélérer l’application des
mesures de responsabilisation prévues par la loi sur les droits de l’enfant et encourager le
Gouvernement à signer avec l’ONU un plan d’action visant à faire cesser et à prévenir les
meurtres et les atteintes à l’intégrité physique, ainsi que les viols et autres formes de violence
sexuelle. Elle a également rencontré trois groupes armés non étatiques, à savoir l’Armée de
libération nationale karen, le Conseil pour la paix de l’Armée de libération nationale karen et
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GE.20-17671