A/HRC/46/39
Représentante spéciale a rencontré le Commandant de la force de la Coalition. La Coalition
a continué de faire parvenir des rapports d’étape trimestriels sur tous les aspects de
l’exécution des mesures convenues, y compris les enquêtes sur les allégations de violations.
B.
Effets de la pandémie de COVID-19 sur les mesures visant à faire
cesser et à prévenir les violations graves des droits de l’enfant
20. Des mesures de confinement et de restriction de la liberté de circulation ont été mises
en place, parfois dès la première semaine de mars 2020, dans la plupart des pays qui relèvent
du mandat de la Représentante spéciale. Ces mesures étaient nécessaires pour prévenir la
propagation de la COVID-19 et protéger les populations, y compris les enfants, mais elles
ont entraîné l’interruption de nombreuses activités liées au mandat relatif à la question des
enfants et des conflits armés.
21. Les mesures de restriction prises pour contenir la pandémie ont souvent eu des
conséquences néfastes pour les enfants. En Afghanistan, par exemple, elles ont compromis
l’accès des enfants à l’éducation, aux soins de santé et aux services sociaux et ont exercé une
pression supplémentaire sur les parents, les tuteurs et les autres personnes qui s’occupent
d’eux. Avec la fermeture des écoles, les enfants sont devenus plus susceptibles d’être enrôlés
et utilisés par des parties au conflit, et la stigmatisation et la discrimination associées au
COVID-19 les ont rendus plus vulnérables à la violence et à la détresse psychosociale. Les
attaques contre les hôpitaux et les agressions visant leur personnel ont été particulièrement
scandaleuses, étant donné la fragilité du système de santé afghan et la lourde charge qui lui
incombe en cette période de pandémie. En Colombie, la fermeture de toutes les écoles, la
moindre présence des acteurs humanitaires et des organismes de protection dans les zones
touchées par le conflit et la réduction des revenus des familles peuvent accroître le risque que
des groupes armés enrôlent ou utilisent des enfants ou commettent d’autres violations graves
des droits de l’enfant. En République démocratique du Congo, les procès de recruteurs
d’enfants ont été suspendus. En outre, le nombre d’enfants séparés qui ont pu bénéficier de
services d’appui ont diminué. En Iraq, la pandémie a aggravé une situation déjà compliquée
sur le plan de la protection des enfants, en particulier dans les camps de déplacés et les lieux
de détention. Au Myanmar, les restrictions imposées aux déplacements et les stratégies
d’atténuation ont sérieusement entravé l’accès humanitaire et exacerbé les difficultés
opérationnelles et les problèmes d’accès existants, alors même que les partenaires
humanitaires ne jouissaient déjà que d’un accès extrêmement limité à plus d’un demi-million
de personnes, dont 130 000 Rohingya apatrides confinés dans des camps de l’État rakhine.
L’accès limité des personnes déplacées et des apatrides aux soins de santé est
particulièrement préoccupant.
22. La pandémie de COVID-19 a aussi eu des répercussions considérables sur la capacité
des organismes de l’ONU de mener à bien des travaux essentiels pour faire cesser et prévenir
les violations graves des droits de l’enfant, et elle a sensiblement réduit les possibilités de
collaboration avec des parties en conflit, même si le dialogue s’est poursuivi dans la mesure
du possible. En République centrafricaine, elle a compromis les activités menées dans le
cadre de la campagne de la Représentante spéciale « Agir pour protéger les enfants touchés
par les conflits armés ». Les sessions de formation et de sensibilisation prévues, ainsi que les
visites sur le terra in, ont dû être suspendues. Au Myanmar, les confinements et les restrictions
à la liberté de circulation ont retardé la coopération stratégique de haut niveau avec le
Gouvernement en ce qui concerne le suivi du plan d’action conjoint sur l’enrôlement et
l’utilisation d’enfants, mais les activités de coopération technique ont pu avoir lieu. Les
restrictions ont également retardé les cérémonies de signature des plans d’action conjoints
conclus entre l’ONU et des groupes armés. Au Nigéria, un atelier au cours duquel les progrès
accomplis dans la mise en œuvre du plan d’action de la Force civile mixte devaient être
examinés et qui devait réunir des représentants d’organismes de l’ONU, de la Force civile
mixte et des ministères de l’État de Borno a dû être reporté de plusieurs mois en raison des
restrictions liées au COVID-19. Il a finalement eu lieu en août 2020. Aux Philippines,
l’équipe spéciale de surveillance et d’information a eu du mal à accéder aux zones touchées
par le conflit, la pandémie ayant entraîné un renforcement des restrictions imposées aux
déplacements et une aggravation des problèmes de sécurité. Les activités de vérification et
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