A/HRC/47/38 fourni aux femmes et aux filles, y compris aux réfugiées, un accès aux services de santé sexuelle et procréative dans des contextes humanitaires39. 26. Les opérations menées à la suite d’une crise ne tiennent trop souvent pas compte des questions de genre et ne répondent pas bien aux besoins distincts des femmes et des filles. La valeur vitale de nombreux services essentiels de santé sexuelle et procréative n’est pas reconnue, et ces services ne constituent pas une priorité ou ne sont pas fournis du tout40. La discrimination à l’égard des femmes explique que la priorité ne soit pas accordée à ces services, « ce qui est révélateur des inégalités dans la société quant aux personnes qui comptent et à celles qui ne comptent pas »41. Les mesures que les États adoptent pendant une crise, telles que la réorientation des ressources financières et humaines au détriment des soins de santé sexuelle et procréative et l’imposition de restrictions à la fourniture des services, montrant ainsi qu’ils les jugent non essentiels, équivalent en pratique à une régression, incompatible avec les obligations des États en matière de droits de l’homme 42 . Ces restrictions continuent souvent à compromettre l’accès aux soins de santé sexuelle et procréative après la fin d’une crise 43 et, dans la majorité des cas, les programmes de reconstruction et les plans de relance ne donnent pas la priorité à la santé sexuelle et procréative 44 . Pendant la pandémie de COVID-19, la fourniture d’un large éventail de services et de biens essentiels en matière de santé sexuelle et procréative a été suspendue ou reportée, notamment l’offre d’informations et de services concernant la contraception ; les services d’avortement sans risque et les soins postavortement ; les mammographies, les services de détection du cancer du col de l’utérus et le dépistage et le traitement du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles ; les services de soutien aux femmes et aux filles victimes de mutilations génitales ; et les traitements de la stérilité45. Les traitements de la dysphorie de genre ont également été interrompus, avec de graves conséquences psychologiques pour les personnes concernées46. 27. Le Groupe de travail souligne le rôle crucial des différents acteurs dans la fourniture de soins de santé sexuelle et procréative. Tous les secteurs de la société − les particuliers, y compris les professionnels de la santé, les familles, les communautés locales, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales, les organisations de la société civile, ainsi que le secteur privé − ont des responsabilités dans la réalisation du droit à la santé47. L’État, outre l’exercice de son obligation de diligence raisonnable à l’égard des actes de particuliers ou d’entités privées qui pourraient porter atteinte aux droits des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et procréative, doit créer des conditions propices à l’exercice de ces responsabilités et au respect de ces droits. Les prestataires de services de santé doivent être soumis à des réglementations pour prévenir toutes violations des droits en matière de santé sexuelle et procréative, par exemple des obstacles à l’accès aux biens et services, la pratique de la désinformation48 ou le refus de soins pour des raisons de conscience ou de religion. Ils doivent se conformer aux normes relatives aux droits de l’homme et à leurs obligations éthiques en tant que professionnels de la santé. 28. Le Groupe de travail juge prometteuses la reconnaissance constitutionnelle des droits sexuels et/ou procréatifs par certains États et l’intégration des normes relatives aux droits de 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 GE.21-05607 Voir E/CN.6/2020/3. A/HRC/42/24, par. 53. A/HRC/39/26, par. 47. Voir Comité des droits économiques, sociaux et culturels, observation générale no 14 (2000) et observation générale no 22 (2016). Contribution de la Feminist Alliance for Rights sur l’expérience vécue pendant la crise de la maladie à virus Ébola. Voir Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), « Manuel pour la protection des femmes et des filles », 2008. Voir les contributions de l’Institut danois des droits de l’homme, de la Finlande, de El Salvador, de la Slovénie, du Global Respectful Maternity Care Council, du End FGM European Network, de Marie Stopes International et de la Comunidad de Derechos Humanos. Voir les contributions de la Finlande et de CHOICE for Youth and Sexuality. Comité des droits économiques, sociaux et culturels, observation générale no 12 (1999). Voir Comité des droits économiques, sociaux et culturels, observation générale no 24 (2017) ; et Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, recommandation générale no 24 (1999). 9

Select target paragraph3

Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents