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modifié l’article 14 de son code de la famille, qui autorisait auparavant le mariage de
filles et d’adolescentes de moins de 18 ans en cas de violence sexuelle et de grossesse.
Au Malawi, un amendement constitutionnel a été adopté en avril 2017 pour fixer l ’âge
minimum du mariage, auparavant à 15 ans, à 18 ans pour les deux sexes.
16. Selon certaines informations, alors que 88 % des pays ont fixé à 18 ans l’âge
minimum légal du mariage, plus de 100 pays autorisent toujours légalement le
mariage d’enfants de moins de 18 ans dans certaines circonstances 33 et, dans de
nombreux cas, le mariage est encore possible à un âge inférieur et justifié par des lois
coutumières ou religieuses 34. Par exemple, au Bangladesh, au Burkina Faso, à Cuba,
en Jordanie, au Niger, en Sierra Leone, en Slovénie et en Zambie, certaines
dispositions autorisent le mariage d’enfants de moins de 18 ans, souvent dès l’âge de
15 ou 16 ans, avec la permission d’un juge ou le consentement des parents 35. Dans les
États fédéraux, même si l’âge minimum du mariage est fixé au niveau national, des
dérogations peuvent toujours être autorisées au niveau de l ’État. Par exemple, au
Mexique, la plupart des États autorisent toujours le mariage d’enfants de moins de
18 ans, sans égard au fait que la loi fédérale fixe à 18 ans l’âge minimum du mariage.
Dans d’autres cas, l’application des lois sur l’âge minimum du mariage est également
entravée par l’absence de lois sur l’enregistrement gratuit et obligatoire des actes
d’état civil, dont certains profitent pour se soustraire à l ’obligation d’enregistrer le
mariage jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge de 18 ans.
17. Des États ont également communiqué des informations sur l’adoption d’une
législation érigeant en infraction le mariage d’enfants. Plusieurs sources ont indiqué
que l’Australie, le Burundi, le Cameroun, le Liban, la Serbie, l ’Espagne et la Turquie
avaient modifié leur Code pénal et renforcé les sanctions infligées aux responsables
de mariages d’enfants, de mariages précoces et de mariages forcés. Au Cameroun, les
modifications apportées aux dispositions du Code pénal en 2016 visaient à punir le
mariage forcé d’un emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende pouvant atteindre
2 000 dollars. De même, l’Australie a indiqué qu’en vertu de son Commonwealth
Criminal Code Act de 1995, le recours à des moyens coercitifs ou frauduleux pour
contraindre une personne à contracter un mariage sans son libre et plein cons entement
constituait une infraction pénale. En 2015, l’Australie a renforcé les sanctions et
alourdi les peines encourues jusqu’à neuf ans d’emprisonnement. L’Espagne a
indiqué que, dans son Code pénal modifié, le mariage d’enfants et le mariage forcé
étaient désormais considérés comme un acte commis aux fins de la traite d’êtres
humains. En 2016, le Burundi a adopté une loi sur la violence sexiste qui érige en
infraction les mariages d’enfants. En 2017, la Serbie a modifié son Code pénal pour
ériger en infraction les mariages d’enfants et les mariages forcés dans le cadre de
l’harmonisation de la législation interne avec la Convention du Conseil de l ’Europe
sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence
domestique 36.
18. Les décisions de certaines hautes cours ont eu pour effet de renforcer la
protection contre le mariage d’enfants. La Haute Cour de Tanzanie s’est prononcée
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Voir Aleksandra Sandstorm et Angelina E. Theodorou, « Many countries allow child marriage », Pew
Research Centre, 12 septembre 2016. Disponible à l’adresse www.pewresearch.org/facttank/2016/09/12/many-countries-allow-child-marriage/.
World Policy Analysis Centre, « Assessing national action on protection from child marriage », feuillet
d’information, mars 2015. Disponible à l’adresse
www.worldpolicycenter.org/sites/default/files/WORLD_Fact_Sheet_Legal_Protection_Against_Child_
Marriage_2015.pdf ; et FNUAP et UNICEF, Rapport d’activité 2016. Voir également Sandstorm et
Theodorou, « Many countries allow child marriage ».
Voir également FNUAP et UNICEF, Rapport d’activité 2016.
République de Serbie, loi portant modification du Code pénal, Journal officiel, no 94/16 (novembre
2016).
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