A/HRC/48/78
africaine avaient été chassées de leurs terres, et l’État ne leur avait accordé aucune mesure de
sauvegarde, les privant ainsi des droits et des territoires liés à leur identité et à leur culture.
M. Balanta a évoqué le cas emblématique du fleuve Anchicaya, dont la pollution par des
sociétés transnationales avait entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes
qui vivaient dans son voisinage et dépendaient de lui depuis des générations pour leur
subsistance. Par décision du Ministre de l’environnement, l’État avait été enjoint de réparer
le dommage causé. Il restait que, pour l’heure, les communautés en question luttaient toujours
pour défendre et protéger leurs droits, et surveiller la bonne application de la loi. L’orateur a
insisté sur un certain nombre de points déterminants, à savoir la reconnaissance juridique
collective de la jouissance des territoires traditionnels ; la reconnaissance des connaissances
traditionnelles et ancestrales, qui aidaient à atténuer les effets des changements climatiques ;
l’adoption de politiques et de programmes de renforcement des capacités visant à contribuer
à la protection de la nature et à une plus grande résistance des populations aux changements
climatiques. Il a invité toutes les personnes d’ascendance africaine à se mobiliser jusqu’à la
reconnaissance de leurs connaissances et territoires ancestraux. Il a aussi demandé que des
mesures concrètes soient prises pour garantir la justice environnementale, avec la
participation effective des personnes d’ascendance africaine.
48.
Pendant le dialogue, en réponse à une question de M. Reid, M. Darity a précisé qu’il
s’intéressait surtout aux personnes d’ascendance africaine nées aux États-Unis dont les
ancêtres s’étaient vu promettre des terres au lendemain de la guerre de Sécession et qui
avaient été privés de cette restitution, fait dont découlait les écarts de richesse aujourd’hui
observés entre la population noire et la population blanche. Toutes les personnes noires de la
diaspora africaine avaient droit à réparation, mais toutes ne pouvaient pas prétendre à
réparation du Gouvernement des États-Unis. Chaque communauté de la diaspora devait
veiller à formuler une requête qui soit en accord avec son histoire.
49.
La Présidente du Groupe de travail a parlé de l’extractivisme auquel faisaient face les
communautés d’ascendance africaine, par exemple dans l’« allée de la mort », en Louisiane,
où un grand nombre d’usines pétrochimiques exerçaient leurs activités avec l’accord de
l’État, malgré le grave danger et la menace intergénérationnelle qu’elles représentaient pour
les communautés noires. Elle a renvoyé à l’étude coécrite par M. Darity, dont il ressortait
que, si des mesures de réparation avaient été accordées après l’abolition de l’esclavage, les
effets de la COVID-19 auraient été de 30 % à 60 % inférieurs en Louisiane. Elle a posé des
questions sur la pandémie de COVID-19 et les mesures de réparation, et sur la manière dont
les entreprises privées dont les activités transnationales étaient très fréquemment pointées du
doigt par les communautés noires participaient au débat sur les mesures de réparation.
M. Darity a répondu que les activités des entreprises les plus polluantes devraient être
encadrées, dans toutes les régions des États-Unis et en particulier en Louisiane, où se trouvait
le « couloir du cancer ». Des mesures de réparation n’étaient pas suffisantes, elles devaient
être complétées par des mesures visant à faire cesser les causes des dommages.
50.
M. Sunga a confirmé que le Groupe de travail avait approuvé le plan d’action en
10 points de la CARICOM.
51.
M. Balcerzak a évoqué les directives opérationnelles sur l’inclusion des personnes
d’ascendance africaine dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
52.
Jose Luis Rengifo Balanta a souligné que les politiques qui découlaient des
mégaprojets dans le secteur extractif et de la monoculture étaient conçues pour priver des
gens de leurs terres. Il fallait que les États interviennent et protègent les communautés visées.
Il existait en outre un lien entre les activités minières, les lois et les conflits armés. Les
femmes qui avaient joué un rôle clé tout au long de ce combat méritaient des éloges.
53.
Le représentant de la République bolivarienne du Venezuela a dit que les autorités de
son pays travaillaient sur un projet de loi relatif aux changements climatiques et avaient
repéré trois cas de réparation pour racisme environnemental. Le représentant de l’Indonésie
a indiqué que le Gouvernement indonésien apportait une aide aux petits États insulaires.
54.
La vingt-huitième session s’est terminée par des remarques de clôture et les
déclarations de MM. Gumedze, Sunga et Balcerzak, membres du Groupe de travail dont le
mandat arrivait à échéance en 2021.
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GE.21-09167