A/HRC/48/78 65. Les communautés et les peuples traditionnellement exploités, notamment les personnes d’ascendance africaine, continuent de pâtir de la pollution, de la dégradation de l’environnement et des changements climatiques, y compris dans le cadre de mesures à visée explicitement écologique. Des défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement ont été victimes d’un nombre révoltant d’homicides, d’arrestations arbitraires, de menaces et d’actes de harcèlement et d’intimidation, en conséquence directe de leurs activités légitimes. 66. Les changements climatiques sont le résultat d’un système économique qui dépend beaucoup des activités extractives, de l’exploitation et de l’accumulation par la dépossession. Des acteurs dignes de foi, dont des organisations de la société civile, des universitaires et des experts indépendants, peuvent attester des effets du racisme environnemental et de la crise climatique dans chaque région. Les ressources ne manquent pas lorsqu’il s’agit de mieux comprendre les effets graves, constants et systémiques de la crise climatique et du racisme environnemental sur les communautés d’ascendance africaine. Ces communautés, notamment parce qu’elles ont été exploitées et continent de l’être, devraient être au centre des analyses climatiques et environnementales. Pourtant, rien n’a vraiment été fait pour établir ou reconnaître que les effets des changements climatiques et d’autres facteurs environnementaux se faisaient particulièrement sentir dans les pays du Sud. Toute mesure visant à nier, à minimiser ou à méconnaître les conséquences graves de la crise climatique pour les communautés d’ascendance africaine (y compris dans les pays les plus développés) et dans les pays du Sud en général, reflète une façon de penser héritée de la suprématie blanche. Une analyse racialisée montre que les effets des changements climatiques ne constituent pas une crise isolée, mais sont les symptômes de systèmes économiques et politiques qui n’ont pas respecté le droit à la vie et d’autres droits humains fondamentaux. 67. Des mesures porteuses de transformation doivent être prises sans délai en vue de lutter contre le racisme systémique et la pandémie de COVID-19, de protéger l’environnement et les droits de l’homme, et de contrer les facteurs d’urgence climatique, la pollution toxique, la perte de biodiversité et les zoonoses, y compris par l’obligation pour les entreprises de respecter l’environnement et les droits des communautés touchées par leurs activités. 68. Une approche fondée sur les droits de l’homme aiderait à lutter contre les inégalités et à assurer la protection des personnes en situation de vulnérabilité, notamment des personnes d’ascendance africaine. 69. Le droit à un environnement sain englobe le droit à un air pur, le droit à une eau potable en quantité suffisante, le droit à l’assainissement, le droit à une alimentation saine et durable, le droit à un environnement exempt de substances toxiques, le droit à un climat sûr et stable, le droit à des écosystèmes sains et le droit à la diversité biologique. Il englobe également le droit à l’information sur les questions environnementales, le droit de participation au processus décisionnel et le droit d’accès à la justice par des moyens de recours efficaces. 70. Le Groupe de travail se félicite des mesures prises en faveur de la justice environnementale et de la participation des personnes d’ascendance africaine à tous les débats sur la crise climatique tenus dans le monde. Il se félicite également de l’adoption, aux États-Unis, du décret du 20 janvier 2021 relatif à la protection de la santé publique et de l’environnement et au renforcement de la science dans la lutte contre la crise climatique. Il demande au Gouvernement des États-Unis de garantir la justice environnementale sur son territoire, y compris dans des lieux comme l’« allée de la mort » et d’autres zones concernées par la dégradation de l’environnement, les crises climatiques et les catastrophes, et où la situation est encore aggravée par la mauvaise qualité des infrastructures, le manque d’eau potable et d’installations sanitaires, et l’absence de garantie de la qualité de l’air. Le Groupe de travail invite tous les pays à protéger le droit à un environnement sain et à s’associer aux communautés pour assurer la justice environnementale aux personnes d’ascendance africaine dans le monde entier. GE.21-09167 17

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