CRPD/C/GC/5
plus élevé8. Les États parties doivent offrir des voies de recours et des services d’appui
abordables, voire gratuits, aux victimes de violences et de sévices. Souvent, les femmes
handicapées qui se heurtent à la violence domestique sont économiquement, physiquement
ou émotionnellement à la merci de leurs agresseurs qui, dans bien des cas, sont les aidants ;
en pareille situation, les femmes handicapées ne peuvent échapper à la relation violente en
cause, et leur isolement social grandit. Par conséquent, lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre
le droit à l’autonomie de vie et à l’inclusion sociale, il convient de prêter une attention
particulière à l’égalité de genre et à l’élimination de la discrimination fondée sur le genre et
des représentations sociales patriarcales.
73.
Les normes et valeurs culturelles peuvent avoir l’effet pervers de restreindre les
possibilités des femmes et des filles handicapées de choisir et de maîtriser leur milieu de
vie, ainsi que de limiter leur autonomie, de les contraindre à vivre dans un cadre de vie
particulier, et d’exiger d’elles qu’elles fassent abstraction de leurs propres besoins et se
mettent plutôt au service des autres et endossent certains rôles au sein de la famille 9. Les
États parties devraient prendre des mesures pour mettre un terme à la discrimination et aux
obstacles dont les femmes pâtissent dans l’accès aux services sociaux et au soutien, et ils
devraient aussi veiller à ce que les divers programmes et diverses politiques et stratégies
ayant trait à l’accès aux services sociaux et au soutien prennent dûment en compte l’égalité
hommes-femmes.
74.
Les États parties devraient aussi veiller à ce que les mesures visant à
l’épanouissement, l’autonomisation et la promotion des femmes et des filles handicapées
(art. 6, par. 2) prémunissent contre les inégalités fondées sur le genre dans l’accès au soutien
et à la protection sociale. Les États parties devraient adopter les mesures appropriées pour
encourager l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (en termes de ressources, de
temps et de services) propre à faciliter l’arrivée ou le retour des femmes handicapées sur le
marché du travail général, et garantir l’égalité de droits et de responsabilités des femmes et
des hommes dans l’exercice des responsabilités parentales10. Il incombe aussi aux États
parties de faire en sorte que les foyers accueillant les victimes de la violence fondée sur le
genre soient pleinement accessibles aux femmes et filles handicapées.
75.
L’existence de services de soutien destinés aux filles et garçons handicapés,
appropriés et adaptés à l’âge, revêt une importance capitale pour la jouissance, dans des
conditions d’égalité, des droits de l’homme par les intéressés (art. 7). Il est essentiel de
respecter les capacités, en constante évolution, des enfants handicapés et de les aider à faire
entendre leur voix dans les choix qui ont des incidences sur leur vie. Il est important aussi
de fournir un soutien, des informations et des orientations aux membres de la famille
(art. 23) pour éviter le placement des enfants handicapés en institution, comme il est
important que des politiques relatives à l’adoption soient en place pour garantir l’égalité des
chances aux enfants handicapés.
76.
Dans les interactions sociales et les relations avec les pairs, les adolescents peuvent
préférer disposer d’une assistance personnelle ou d’interprètes en langue des signes
professionnels plutôt que d’un soutien informel assuré par des proches. Les États parties
devraient instaurer des modalités novatrices de soutien et de services accessibles pour les
enfants et adolescents handicapés, en les consultant directement ou par la voie des
organisations qui les représentent. Les enfants handicapés peuvent avoir besoin d’un
soutien pour la pratique d’un sport ou pour se livrer à des activités en collectivité, avec
d’autres enfants de leur âge. Les adolescents handicapés devraient avoir les moyens de
consacrer du temps et de prendre part à des activités de loisir avec leurs pairs. Les États
parties doivent fournir des dispositifs et technologies d’assistance permettant de faciliter
l’inclusion des adolescents handicapés dans les réseaux de jeunes de leur âge. De plus, les
services facilitant la transition des jeunes vers l’âge adulte, notamment l’appui à leur
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Voir Comité des droits des personnes handicapées, observation générale no 3 (2016) sur les femmes et
les filles handicapées.
Ibid., par. 8, 18, 29 et 55.
Voir Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, recommandation générale
no 21 (1994) sur l’égalité dans le mariage et les rapports familiaux.
GE.17-19008