CEDAW/C/GC/36 les risques de violences conjugales, augmente les problèmes de santé potentiels liés à la procréation, et limite le droit de circuler librement. En ne luttant pas contre le mariage des enfants, les gouvernements manquent à leur obligation de garantir l ’accès des filles à l’éducation, sur un pied d’égalité avec les garçons. 53. Dans certaines régions du monde, la pratique culturelle généralisée des mutilations génitales féminines constitue un frein à l’éducation des filles, et va parfois jusqu’à entraîner l’arrêt définitif de leur scolarité. Les complications dues à ces interventions peuvent amener les filles à être moins concentrées à l ’école ou à ne pas s’y rendre, d’où de mauvais résultats scolaires et un abandon prématuré des études. Dans certains pays, le coût élevé de ces interventions a également des incidences sur la capacité des parents à s’acquitter par la suite des frais de scolarité, ce qui se traduit également par des décrochages scolaires. Le mariage forcé qui suit ce type d’intervention, marquant l’entrée dans la vie adulte, peut également conduire les filles à arrêter leurs études en raison d’une grossesse ou de responsabilités familiales. 54. La pauvreté – et les pratiques culturelles – poussent les enfants à exercer un travail, qu’il soit rémunéré ou non. Dans un rapport de 2015 sur le travail d es enfants et l’éducation 10, l’Organisation internationale du Travail indique que 168 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans restent pris au piège du travail des enfants. Les filles sont surreprésentées dans le secteur de l’économie domestique, travaillant soit dans leur propre foyer, soit pour des tiers, et assumant une double charge de travail à l ’intérieur et à l’extérieur du foyer, ce qui, dans bien des cas, ne leur laisse guère de temps pour s’instruire. Chez celles et ceux qui arrivent à combiner école et travail, les résultats scolaires s’en ressentent, de sorte qu’ils arrêtent prématurément leurs études. Dans de nombreuses régions, le travail des enfants est aussi une pratique dictée par la culture, les enfants participant aux travaux de la famille, en particulier les travaux saisonniers ou ceux effectués certains jours de la semaine. 55. Le Comité recommande aux États parties de prendre les mesures suivantes pour atténuer les répercussions des pratiques culturelles et religieuses sur l’accès des filles et des femmes à l’éducation : a) S’assurer que les filles et les femmes ne soient pas privées de leur droit à l’éducation pour des raisons liées à des normes et pratiques patriarcales, religieuses ou culturelles, conformément à la recommandation générale conjointe n o 31 du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes et l’observation générale n o 18 du Comité des droits de l’enfant sur les pratiques préjudiciables (2014) ; b) Faciliter le dialogue avec les chefs religieux et traditionnels sur la valeur de l’éducation des filles et l’importance de lutter contre les pratiques et coutumes qui entravent leur participation à l’éducation, à tous les niveaux ; c) Veiller à ce que l’âge minimum de mariage pour les filles soit fixé, avec ou sans consentement parental, à 18 ans, conformément à la recommandation générale conjointe n o 31 et à l’observation générale n o 18 ; d) Aborder la question des mutilations génitales féminines aussi bien dans le système éducatif formel qu’informel, afin qu’elle soit ouvertement débattue, sans stigmatisation, et que les filles et femmes puissent recevoir des informations exactes sur les effets préjudiciables et néfastes de cette pratique, conformément à la recommandation générale n o 14 du Comité sur l’excision (1990) ; __________________ 10 16/27 Organisation internationale du Travail, Rapport mondial de 2015 sur le travail des enfants : Ouvrir aux jeunes la voie du travail décent (2015). 17-19774

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