A/HRC/55/55
ainsi que celles de leurs parents ou représentants légaux29. Les jeunes artistes, qui se trouvent
dans une position de vulnérabilité en raison de leur âge et du caractère limité des règles
relatives à leurs conditions de travail, sont particulièrement lésés dans les relations
contractuelles. Les personnes en position de pouvoir pratiquent généralement le
« grooming », qui consiste à gagner la confiance des enfants, voire de leurs représentants
légaux, puis à isoler les victimes de leurs proches, ce qui les rend émotionnellement
dépendants de leur agresseur et de ses conseils30. Ces personnes contraignent souvent leurs
victimes au silence à l’aide de divers moyens, notamment en les menaçant de mettre un terme
à leur carrière ou de s’en prendre physiquement à elles31. Lorsqu’elles sont exploitées dans
un contexte de pauvreté ou dans le cadre de relations intimes, les victimes peuvent être
dépendantes de leur agresseur et lui être attachées. Si, de plus, leurs contacts avec le monde
extérieur sont limités ou inexistants, elles peuvent finir par éprouver de l’empathie pour leur
agresseur ou se trouver dans un état de déni, puisque leur avenir dépend du monde du
divertissement32.
3.
Dimensions de genre qui perpétuent des normes et des pratiques préjudiciables
19.
Renvoyant à son examen approfondi des dimensions de genre de l’exploitation
sexuelle d’enfants33, la Rapporteuse spéciale souligne que, dans l’industrie du divertissement,
les inégalités de genre touchent les rôles à l’écran comme hors écran. Une étude portant sur
1 100 films populaires a révélé que, parmi les réalisateurs de ces films, seuls 43 étaient des
femmes34. L’insécurité de l’emploi est élevée chez les femmes, notamment les femmes de
couleur et les autochtones, dont le taux de chômage reste élevé35. La puissance hégémonique
d’une culture d’entreprise masculine est l’un des principaux problèmes et a des conséquences
graves en termes de violence et d’abus36. Les actrices sont plus susceptibles que les acteurs
de se voir proposer des conditions contractuelles qui les mettent dans une situation de
vulnérabilité et sont souvent montrées dans des vêtements moulants ou provocants ou nues37.
Les garçons et les filles, qu’ils soient homosexuels ou hétérosexuels, sont victimes
d’exploitation et d’abus sexuels dans l’industrie du divertissement. Si, de manière générale,
les victimes sont peu au courant de l’existence de services d’accompagnement et de soutien,
cela est particulièrement vrai pour les garçons, ce qui fait qu’ils ont beaucoup de mal à
consulter38. En outre, l’exploitation des garçons est souvent cachée. La maltraitance des filles
est plus visible, car, compte tenu de la manière dont leur corps et leurs caractéristiques
sexuelles secondaires sont perçus, elles sont ouvertement traitées comme des adultes à un
âge précoce. Récemment, des cas dans lesquels des enfants ont reçu des stéroïdes et des
médicaments qui déclenchent la puberté et la maturation de leurs organes sexuels à un âge
précoce ont été signalés39.
4.
Activités et pratiques commerciales favorisant la traite des enfants
20.
Des enfants travaillent en tant qu’artistes ou danseurs40 après avoir été victimes de la
traite ou recrutés au moyen d’offres frauduleuses, de promesses trompeuses et de
l’exploitation de leurs rêves et aspirations41. Dans un monde où des millions de personnes
fuient les conflits et la violence ou d’autres situations qui entraînent de plus en plus de
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Ibid.
Voir Melissa S. de Roos et al. « Mimicry Deception Theory applied to sexual abuse of children »,
Child Abuse & Neglect, vol. 143 (septembre 2023) ; voir aussi Melissa Samantha De Roos,
« Mimicry Deception Theory applied to grooming behaviors of child sexual abuse », thèse, Université
du Texas à El Paso, 2017.
Ibid.
Voir la contribution du Centre d’études sur le leadership et la promotion des droits humains.
Voir A/76/144.
Voir la contribution de Caritas India.
OIT, « Note d’orientation sur le harcèlement sexuel dans l’industrie du divertissement ».
Ibid.
Voir la contribution de Caritas India.
Voir la contribution du Japon.
Ibid.
Voir la contribution de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Voir la contribution de Joseph Bonner.
GE.23-25843